Des températures jusqu'à -41 degrés : on vous explique ce que sont les "trous à froid" en France

par Annick BERGER
Publié le 25 janvier 2023 à 15h09, mis à jour le 25 janvier 2023 à 15h37
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le froid touche l'ensemble de l'Hexagone cette semaine.
Mais dans certains endroits, les températures sont particulièrement basses et peuvent descendre en dessous des -30 degrés.
Ces zones sont appelées des "trous à froid".

En cette fin de mois de janvier 2023, les températures hivernales se sont installées en France. Des valeurs légèrement en dessous des normales de saison après un début d'année qui a battu des records de chaleur. Mais si le thermomètre reste bas sur l'Hexagone, dans certains endroits, il affiche un mercure particulièrement remarquable ces derniers jours : -18,3 °C à Bourget-en-Huile (Savoie), -16,8 °C à La Mure (Isère), -16,7 °C à Chamonix (Haute-Savoie), ou encore -16,2 °C à Mouthe (Doubs), selon Météo-France.

Des températures encore plus basses ont même été relevées en dehors du réseau officiel de l'organisme. Un exceptionnel -36,4 degrés a été enregistré à la Combe Noire dans le Jura. Une zone dans laquelle les températures sont bien plus basses que sur le reste du territoire - pouvant s'abaisser sous les -25°C avec des records à -40°C - appelée "trou à froid" ou TAF. Il en existe plusieurs dans l'Hexagone. On vous explique le phénomène.

Des inversions de température

Les trous à froid se forment dans des combes, des vallées très encaissées dans les Alpes, les Pyrénées, le Jura ou encore le Massif central et lorsqu'il existe des "conditions anticycloniques d'hiver, avec un vent d'est faible et un ciel bien dégagé", détaille Météo-France. Durant la nuit, alors que le sol ne reçoit plus de rayonnement solaire, l'air situé au fond de la vallée devient plus froid que l'air plus en altitude, c'est ce que l'on appelle une inversion de température.

"La nuit, le sol ne reçoit plus de rayonnement solaire et perd progressivement de l'énergie par rayonnement infrarouge. La température de surface du sol diminue progressivement tout au long de la nuit et l'air au contact de ce sol froid se refroidit à son tour. Dans les fonds de vallées, l’air froid (plus lourd que l’air chaud) se retrouve alors piégé et s’accumule", précise encore Météo-France. Et si plusieurs nuits s'enchaînent dans ces conditions, le froid reste et s'accentue au fil des jours sans pouvoir s'échapper de la cuvette. Le phénomène est amplifié dans des combes avec peu de végétation, et lorsqu'une couche de neige est présente sur le sol, surtout lorsqu'il s'agit de neige fraîche.

Un record de -41,6 degrés

Ces TAF sont présents dans l'ensemble des massifs montagneux français, généralement au-dessus de 1000 mètres d'altitude. Parmi les plus connus : Mouthe dans le Doubs, surnommé "la petite Sibérie", qui a vu le thermomètre enregistrer, le 13 janvier 1968, un record de -36,7 degrés. La Combe Noire est également impressionnante avec son -36,4 degrés vendredi 20 janvier, selon le site Météo Franc-comtoise. Mais son record remonte à février 2012, lorsque le site avait affiché une température de -41,6 degrés.

Le météorologue de Météo-France Gaëtan Heymes signale aussi des températures particulièrement basses ces derniers jours dans les trous à froid du Vercors avec -26,2°C à la Combe de l'Oscence le 20 janvier, ou -22,1°C à Névache, dans les Hautes-Alpes. Ces zones particulièrement froides sont "généralement loin de toute mer ou océan, ce qui leur confère un climat semi-continental", précise Météo-France. 

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La France n'est pas le seul pays en Europe à détenir des trous à froids. La Brévine en Suisse est particulièrement connue avec son record de froid officiel et ses -41,8 degrés enregistrés le 12 janvier 1987. D’autres lieux, comme la Combe des Amburnex en Suisse ou la Cordillère Cantabrique au nord de l’Espagne, ont certes enregistré des valeurs encore plus basses jusqu’à -47°C et -38°C, mais non officialisées. À noter que ces trous à froid peuvent aussi enregistrer des températures glaciales en plein été. À Mouthe, on a ainsi enregistré -4 degrés le 7 juillet 1962.


Annick BERGER

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