Depuis plusieurs jours, une grande fraicheur s'est installée sur une partie de la France.
Par conséquent, des gelées matinales et des températures maximales nettement inférieures aux normales de saison sont observées.
Si la situation est "peu banale", des épisodes de froid bien plus exceptionnels ont déjà été enregistrés par le passé.

Ce mardi est le jour le plus froid de l'épisode, qui devrait encore durer jusqu'à ce jeudi au moins. La nuit a été glaciale à Chaumont (Haute-Marne) où Météo-France a relevé -5.2 °C. À Nice, lundi après-midi lors d'un orage la température s'est abaissée à 4.4 °C. "Il fallait remonter 73 ans en arrière pour trouver une température plus basse fin avril", rappelle Météo-France.

La faute à un flux orienté au nord qui entraîne gelées matinales, pluie et vent froid partout en France, comme à -1.3 °C à Lons-La-saunier (Jura) où l'on a constaté de première gelée sous abri depuis le 28 janvier.

Des températures sous les normales

Par ailleurs, des températures maximales nettement inférieures aux normales de saison ont été enregistrées sur les derniers jours : une température de 5.7 °C à Porquerolles a été relevée quand le mercure a atteint péniblement 3.4 °C à Hyères, un froid rare passé la mi-avril. La France est traversée par un épisode de "fraicheur durable et peu banale", souligne ainsi Météo-France. 

Le service météorologique indiquait dimanche qu'il s'agissait du 6e jour consécutif sous les normales. L'indicateur thermique, qui représente la moyenne des minimales et maximales enregistrées sur un panel de 30 stations réparties partout sur le territoire, était également situé à 4°C en dessous de la normale. Sur les prochains jours, l'écart pourrait même atteindre les 8°C.

De même, des températures négatives ont encore été enregistrées dans la nuit de ce dimanche 21 au lundi 22 avril. Il a fait par exemple -3°C à Montluçon (Allier), -2°C à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ou -1°C à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Les déficits de températures pourraient "atteindre 8 à 9 degrés par endroits, du Nord-Est à l'Auvergne."

Pas de caractère remarquable, à l'échelle nationale
Météo-France

Pour autant, ces températures sont loin de battre de nouveaux records. Météo France rappelle que l'indicateur thermique national des minimales a atteint environ 2.6 °C ce mardi 23 avril, "une valeur qui ne revêt pas de caractère remarquable, à l'échelle nationale", souligne l'institut. Des températures plus froides en seconde quinzaine d'avril ont déjà été enregistrées en 2021, 2017 ou encore 2001.

Les journées les plus froides d'une seconde quinzaine d'avril datent de 1976, année durant laquelle il avait fait -8°C à Charleville-Mézières (Ardennes), voire -6°C à Nancy (Meurthe-et-Moselle) ou à Romorantin (Loir-et-Cher). Météo France cite aussi les 21 et 22 avril 1991, où il avait fait -5°C à Poitiers (Vienne), à Nevers (Nièvre) ou encore à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).

Un tel épisode pourrait néanmoins devenir exceptionnel dans les prochaines années au vu du réchauffement climatique et des températures enregistrées sur les dernières années. En observant la moyenne des températures agrégées sur une saison, d'un printemps à un autre, on remarque que depuis quelques années, la moyenne est bien au-dessus, plutôt qu'en dessous de la normale. Sur les 10 dernières années, entre 2014 et 2023, la moyenne des températures printanières est en dessous de la normale pendant quatre ans et est au-dessus de la normale pendant six ans.

"L'évolution des températures moyennes printanières en France métropolitaine depuis 1900 montre un réchauffement", note ainsi Météo France, qui rappelle que les chaleurs estivales ont surtout tendance à se produire de plus en plus tôt dans l'année. 2024 n'a pas fait exception, puisqu'avant cet épisode de fraicheur, la France a battu un nouveau record de chaleur précoce. Le 13 avril dernier, la température moyenne a atteint 17,9°C, "ce qui n'était jamais arrivé avant un 15 avril", a rappelé le service météorologique français.


A. Lo.

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