Avec les précipitations en cours et celles des dernières semaines, le sentiment de vivre un printemps désastreux nous gagne.
Quel rôle joue le dérèglement climatique dans ces phénomènes et quelles sont les conséquences pour la sécheresse ?
Une équipe du 20H de TF1 a interrogé plusieurs spécialistes.

Le printemps 2024 nous aura tout fait : la grisaille, les orages, la grêle, et même des inondations. Est-ce vraiment le printemps le plus humide de ces dernières années ? Oui, depuis quinze ans, alors que la saison n'est même pas encore terminée. Plusieurs départements enregistrent déjà des records de pluviométrie. Par exemple, en Ardèche, il est tombé 288% de pluie en plus, par rapport à la normale. Plus 239% pour la Lozère et plus 243% pour le Gard.

Ce n'est pas en raison du réchauffement qu'on a un mois de mai qu'on pourrait qualifier de pourri.
Charlène Descollonges, hydrologue.

Le responsable de tout cela est un phénomène météorologique connu :  la goutte froide. C'est de l'air très froid en altitude qui rencontre un air plus doux à basse altitude. "Cette dépression, juste au-dessus de la France, est bloquée  par deux anticyclones, alors elle tourne sur elle-même avec beaucoup d'humidité à l'intérieur et c'est ce qui provoque ces pluies soutenues", explique dans la vidéo du 20H de TF1, Evelyne Dhéliat, cheffe du service Météo LCI-TF1.  

Ce phénomène est-il anormal ? La réponse est non. En revanche, le réchauffement climatique peut en accentuer les effets. Quand la température de l'atmosphère grimpe de 1°C, son taux d'humidité augmente, lui, de 7%. "Un air plus chaud va accueillir plus d'eau et si le nuage va jusqu'à l'averse, il va pouvoir déverser plus d'eau mais ce n'est pas en raison du réchauffement qu'on a un mois de mai qu'on pourrait qualifier de pourri", analyse Olivier Proust, prévisionniste Météo-France.

Ces fortes précipitations annoncent-elles un été sans sécheresse ? Pour la première fois, depuis cinq ans, aucun département des Hauts-de-France n'est en alerte. Mais selon les spécialistes, il faut rester prudent. "On n'est pas à l'abri d'une sécheresse estivale avec des vagues de chaleur qui vont assécher les sols et aussi augmenter les demandes en eau et provoquer des tensions", prévient Charlène Descollonges, hydrologue.  À ce jour, l'état de nos nappes phréatiques est très rassurant, excepté dans les Pyrénées-Orientales.


La rédaction de TF1 | Reportage Pierre Corrieu, Héloïse Levêque

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