Froid : pourquoi les températures hivernales réjouissent les agriculteurs

par La rédaction de TF1info TF1 | Reportage Erwan Braem, Christophe Devaux
Publié le 11 janvier 2024 à 12h08

Source : JT 20h Semaine

Les températures négatives que connaît la France depuis plusieurs jours sont une bonne nouvelle pour les agriculteurs.
Le 20H de TF1 vous l'explique dans ce reportage en Charente-Maritime.

Dans les champs de plusieurs départements, les sols gelés ont remplacé les terres boueuses ces derniers jours. Et même si la météo oblige les agriculteurs à s'habiller chaudement, ils ne boudent pas leur plaisir, comme Ludovic Terrier, ouvrier viticole au domaine Gardrat à Cozes (Charente-Maritime) : "Il faut que les saisons soient encore marquées sinon tout se dérègle. Jusqu'au 15 décembre, on se faisait encore envahir par les moustiques", lance-t-il dans le reportage de TF1 ci-dessus.

En plus de faire fuir les moustiques, les températures négatives que connaît le département en ce mois de janvier sont capitales pour les vignes, notamment pendant la période de la taille. "La plante est vraiment à un stade de repos complet, elle ne bouge plus, elle ne fait plus rien, c'est ce qu'on appelle le repos végétatif, la plante a besoin de se régénérer et ne peut le faire qu'avec le froid", explique l'ouvrier viticole. "C'est nécessaire pour nous laisser le temps de travailler la vigne, de la repréparer pour la saison suivante, l'année suivante et la prochaine récolte", ajoute Emile Anjibeaud, qui travaille dans le même domaine.

 

Et puisque l'entreprise répond aux principes de l'agriculture biologique, le froid est aussi important pour faire face aux champignons et aux mauvaises herbes. "On n'utilise aucun désherbant donc on a justement besoin du froid, c'est un allié pour que les mauvaises herbes se détruisent naturellement", avance Ludovic Terrier.

"Gustativement, le froid a une importance"

Ce qui vaut pour les vignes vaut aussi pour les légumes. "C'est cultivé en bio donc forcément, il y a de l'herbe et tout, c'est des nids à limaces et forcément, s'il n'y a pas de gel, on va être embêtés au printemps, c'est sûr", confirme Noël Michot, maraîcher "D'hier et d'ici" à Angoulins-sur-Mer. 

L'absence de gelées joue aussi un rôle dans la taille des légumes. "Même un chou d'hiver, il continue à grossir, grossir, grossir et ça fait des morceaux qui sont beaucoup plus compliqués à vendre", déplore l'exploitant agricole. Plus important encore, les températures ne sont pas sans conséquence sur la saveur des légumes. "Le chou de Bruxelles, quand il prend du froid avant d'être récolté, il est beaucoup moins amer, gustativement le froid a une importance" assure Noël Michot. Même constat pour les choux-fleurs : "Gustativement après des gelées, c'est autre chose, comme si le taux de sucre était plus fort dedans et on a du meilleur chou-fleur, donc le froid est nécessaire de toute façon". 

Mais pour que le froid puisse avoir tous les effets escomptés, il faut qu'il gèle plusieurs semaines ou de manière plus intense, entre moins -5°C et -10°C. Or les minimales devraient remonter au-dessus des 0°C dès lundi 15 janvier en Charente-Maritime et dans une grande partie du territoire.


La rédaction de TF1info TF1 | Reportage Erwan Braem, Christophe Devaux

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