Dans le Pas-de-Calais, les inondations de ces dernières semaines laissent des habitants désemparés.
Certains sont prêts à tout quitter pour recommencer une vie ailleurs, mais avant cela, ils souhaitent être expropriés et indemnisés par l'État.
Une équipe de TF1 est allée à la rencontre de ces sinistrés désespérés.

La maison de Nathalie Quehen est inhabitable. Elle l'a achetée 220.000 euros il y a douze ans, mais aujourd'hui, après deux inondations consécutives en trois mois, son pavillon est invendable. "Je voudrais vraiment que cette maison soit rasée. Il ne faut plus vivre dedans. Et ce n'est même pas possible de la vendre parce que je me sentirais mal de vendre une maison comme ça à des gens en sachant qu'ils pourraient eux-mêmes, peut-être, se noyer dedans. Parce qu'aujourd'hui, on a de la chance, il n'y a pas eu de noyés, il n'y a pas eu de morts. Mais demain, il se passera quoi ?", lâche-t-elle, désabusée, dans le reportage du 20H de TF1 à retrouver ci-dessus. 

Partir pour ne plus vivre dans l'angoisse d'une nouvelle inondation, sa maison se situant en bordure de l'Aa. "Ça, c'est l'objet du drame. Et ça, ça me terrorise, Ça me terrorise parce que franchement, j'ai peur que ça continue et qu'on soit un jour piégé. J'en ai vraiment peur", confie-t-elle encore.

Un processus très long

Dans ce quartier de Blendecques, l'eau est montée à plus de 1,20 mètre. Raser les habitations est une solution extrême, mais nécessaire pour les sinistrés. "Bien sûr qu'on souhaiterait pouvoir rester chez nous. Il va falloir une méthode radicale pour qu'on puisse se reconstruire et rebâtir quelque chose ailleurs", affirme Jean-François, un autre sinistré.

L'expropriation est une procédure qui permet à l'État d'acheter des biens en contrepartie d'une somme équivalente à la valeur du marché avant le sinistre. Toutefois, c'est un processus qui peut s'avérer très long. "Les différentes étapes doivent être respectées et si le contentieux arrive, alors effectivement, on part sur plusieurs années de contentieux. Et ce n'est que lorsqu'il y aura un jugement définitif que le propriétaire sera évidemment dans l'obligation de quitter son bien", explique François Benchendikh, avocat et maître de conférence en droit public à Sciences Po Lille.

Face aux risques naturels prévisibles dans le Pas-de-Calais, le gouvernement se dit prêt à racheter les maisons des sinistrés qui le souhaitent. Des concertations sont en cours. Cela a notamment été le cas en 2010, après le passage de la tempête Xynthia dans l'ouest de la France.


V. F | Reportage TF1 : Zack Ajili et Charles Yzerman

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