Face à la sécheresse, une vaste opération est actuellement menée en Occitanie.
Des transferts d’eau sont réalisés entre plusieurs lacs.
L'équivalent de plus de 400 piscines olympiques a déjà été déplacé.

Trop d’eau d’un côté, pas assez de l’autre. Deux problèmes, une solution : le transfert d’eau. D'un côté, le lac de Saint-Ferréol, désormais rempli à 95%. "Il était quasiment vide à l’automne. Et là, on n’a jamais vu autant d’eau depuis un certain nombre d’années", s’émerveille un habitant en contemplant ces flots retrouvés. Une aubaine pour le réseau des Voies navigables de France (VNF), qui mène, depuis le 4 mars, une opération titanesque : le déplacement d’un million de mètres cube d’eau, issus des barrages-réservoirs de Saint Ferréol et du Lampy, pour être déversés de l'autre côté, dans les territoires asséchés de la Montagne noire, à cheval sur trois départements au cœur de l'Occitanie, région particulièrement touchée par la sécheresse.

Capture d'écran TF1

Un peu plus au sud, dans l’Aude, le lac de la Ganguise, à moitié vide cette année, en bénéficiera. "On l’avait fait en 2018, on ne l’a plus fait depuis… Aujourd’hui, on doit agir de façon préventive et anticiper les effets de sécheresse, ce qui permet de recueillir des pluies assez conséquentes", explique, au micro de TF1 dans le reportage du JT visible en tête de cet article, Henri Bouyssès, directeur territorial de VNF. Concrètement, l’eau s’écoule des barrages par une rigole jusqu’au seuil de Naurouze, avant qu’une partie soit déviée vers le Canal du Midi, et que l’autre soit pompée en sous-terrain pour être ensuite acheminé par six tuyaux, "grâce à une pompe qui débite environ 1.300 litres par seconde", précise Loïc Alary, responsable d’agence de BRL Exploitation.

Capture d'écran TF1

Une quantité d’eau impressionnante, mais indispensable pour les agriculteurs locaux. Les sécheresses successives des dernières années ont contraint nombre d’entre eux à changer de culture. En vain. Sans l’eau du lac de la Ganguise, impossible pour eux de continuer, dans tous les cas. "À moi seul, je consomme 2.000 mètres cubes, témoigne Paul Bastien-Augé, maraîcher à Mas-Saintes-Puelles (Aude). Mais si on prend tous les agriculteurs du coin et qu’on se regroupe, je pense que le million de mètres cube, en un mois, il est écoulé." Le transfert d'eau devrait se poursuivre encore une semaine. Et si le canal du Midi est à nouveau trop bas cet été, cette eau pourrait y être déversée à son tour.


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Stacy Petit, François Guinle, Marion Larradet

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