Vague de chaleur : quelles conséquences sur les récoltes ?

V. Fauroux - Reportage vidéo : Léa Merlier, Manon Debut et Grégoire Guistau
Publié le 18 juin 2022 à 13h07, mis à jour le 18 juin 2022 à 17h07

Source : JT 13h WE

Cette vague de chaleur précoce, arrivée après des semaines de sécheresse, intervient au pire moment pour les agriculteurs.
Côté céréales, il y a un risque de pertes de rendement de "10 à 30%", estime la FNSEA.
Par ailleurs, la valeur nutritive des fruits et légumes pourrait aussi être affectée.

Gel, grêle, sécheresse et enfin une alerte canicule, les agriculteurs sont à la peine depuis le début de l'année avec une série d'épisodes climatiques sévères. À l'image de Guillaume Chartier, dans l'Oise, qui observent avec inquiétude ses épis de blé en plein développement. Si l'épisode caniculaire dure, il risque de cultiver des grains minuscules. "Les épis sont en train de se former et se remplir. Si un excès de chaleur arrive sur plusieurs jours, on va voir la plante se déshydrater et ne plus alimenter ce grain", explique-t-il dans la vidéo du JT de 13H en tête de cet article. 

Une mauvaise nouvelle, alors qu'avec la crise en Ukraine, la pression est lourde sur les épaules des céréaliers français. "Ici, dans nos régions, au nord de Paris, on est plutôt sur du huit tonnes par hectare. On peut très bien tomber à un rendement de six tonnes par hectare", explique l'agriculteur. 

Des fruits plus petits

Pendant ce temps, dans le Lot-et-Garonne, à cause des températures élevées, les fraises ont mûri trop rapidement. Clément Baudas doit jeter entre huit et dix tonnes de fruits. "Ils n'ont pas grossi avec la chaleur", dit-il. Autre conséquence des fortes chaleurs, les insectes prolifèrent et s'attaquent aux cultures de poivron. Pour l'instant, le producteur a réussi à protéger l'essentiel de ses parcelles. "Ils ont été bien attaqués par les pucerons, mais ils sont en train de se refaire petit à petit", se rassure-t-il. 

Pour les arboriculteurs, c'est l'irrigation qui est de plus en plus problématique. Si dans certains vergers les fruits sont plus petits cette année, chez Christophe Ripolles, chef de culture, ils ne manqueront pas d'eau grâce à un système de goutte à goutte caché sous des bâches. "On a des systèmes avec des sondes qui nous permettent de savoir à quel moment notre sol a une réserve d'eau suffisante ou insuffisante", détaille-t-il.

Un système qui reste coûteux à l'installation, en moyenne 2 600 euros par hectare, rentabilisé en plusieurs années en évitant les pertes d'eau. "Ce système d'irrigation en goutte à goutte nous fait une économie d'eau de 30%, donc entre 400 et 600 euros d'économie par hectare", estime Murielle Millan, responsable technique pêches et abricots. Le réseau goutte à goutte ne nécessite que très peu de pression, il permet donc aussi de réaliser des économies d'électricité. 


V. Fauroux - Reportage vidéo : Léa Merlier, Manon Debut et Grégoire Guistau

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