La coriandre suscite de nombreux débats depuis des millénaires.
Certains l'adorent, d'autres la détestent et lui trouve un goût de savon.
La science s'est penchée sur ce sujet et a trouvé une explication à l'aversion pour cette herbe aromatique.

Il existe des débats sur lesquels les Français ne s’entendront jamais : pain au chocolat ou chocolatine ? L’ananas sur la pizza ? Pour ou contre la coriandre ? Pour certains, cette herbe aromatique au goût citronné est essentielle pour rehausser certains plats. En revanche, pour 17 % des Européens, elle dégoûte. Elle aurait un goût de savon particulièrement amer en bouche. Cette différence d'extrême appréciation a une explication scientifique.

C’est dans les gènes !

De nombreux scientifiques se sont penchés sur ce mystère. Des chercheurs de l’université de Mountain View en Californie ont ainsi découvert que les personnes plus sensibles à l’amertume de la coriandre ont un gène appelé OR6A2 plus développé que d’autres. Ce gène détecte les aldéhydes, un composé qui donne son odeur et son goût à la coriandre. Or, on retrouve cette molécule dans la composition de certains gels douche et shampoings. À cause de ce gène super-développé, les personnes qui détestent la coriandre sentent davantage les composés volatiles, même à très faible concentration, et ressentent donc un profond sentiment de dégoût. Une autre étude, publiée en 2012, appuie la thèse génétique. Des chercheurs ont étudié le comportement alimentaire de vrais jumeaux. Ils ont constaté que dans 80 % des cas, les vrais jumeaux partageaient le même avis sur le goût de la coriandre. 

La culture culinaire, une autre explication

L’Europe compte un très grand nombre de phobiques de la coriandre. À titre de comparaison, seulement 3 % de la population du Moyen-Orient et 7 % de la population sud-asiatique ont en horreur la petite feuille aromatique. Pourquoi ? Parce que dans ces régions du monde, la coriandre est très utilisée dans leur cuisine, notamment en Inde, en Thaïlande ou en Orient. En revanche, on la retrouve moins dans les plats européens. De ce fait, le palais et les papilles gustatives ne sont pas habitués à ce goût si particulier. Interrogé par Notre Temps, l'épidémiologiste nutritionnelle Michel Lucas explique "en France, nous sommes moins habitués à la consommer. Donc la question génétique est certes un facteur d'appréciation, mais la culture et l'expérience culinaire favorise également la préférence que l'on a pour un aliment".


Sabine BOUCHOUL pour TF1 INFO

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