Le prix des huiles a largement augmenté dans le monde au cours de la dernière année.
L'Hexagone n'est naturellement pas épargné, que ce soit au niveau des producteurs ou des consommateurs.

Nouveau coup dur pour nos portefeuilles. Dans le sillage d'une augmentation généralisée des prix, le cours de l'huile a explosé ces derniers mois. Ainsi, en un an, le prix des huiles végétales a augmenté de 5 centimes d'euros en moyenne pour les marques de distributeurs en supermarchés. Cette hausse est même encore plus importante pour les premiers prix (entre 10 et 40 supplémentaires). "Ça ne m'étonne pas. C'est dramatique", commente une femme dans le reportage de TF1 ci-dessus. "On l'a vu sur les fruits, les légumes, l'essence... tout augmente", renchérit une autre. 

Conséquence directe, cette augmentation se répercute sur plusieurs produits de grande consommation. "Les prix des denrées alimentaires mondiaux ont augmenté en janvier, en grande partie en raison de contraintes liées à l’offre", atteignant des niveaux records, souligne l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans un rapport en date du jeudi 3 février. "Le soja et la palme ont connu une flambée sans précédent et ont atteint des records historiques. Depuis 18 mois, la matière première est passée de 800 à 1600 USD/tonne. Le prix de l'huile de table a augmenté dans la même proportion sur la même période", a précisé l'un des acteurs du marché, contacté par Médias24

Dans l'Oise, les fabricants de chips n'ont jamais payé aussi cher leur huile de tournesol. "Pour les 1 000 litres, le prix est passé de 1100 euros à 1800 euros en un an. Ça fait 60%", se désole Julie Gérard, co-fondatrice de So chips. Sa société est donc obligée de répercuter la hausse sur le prix des paquets vendus à leurs clients (20 centimes de plus). "Il y a aussi la logistique, le transport, le carton, le plastique. Tout cela fait qu'il faut modifier, à un moment ou à un autre, le prix de notre sachet", se justifie-t-elle, fataliste. 

Un décalage entre offre et demande

Mais alors comment expliquer cette flambée ? La demande mondiale n'a jamais été aussi forte. Selon une étude de 60 millions de consommateurs, "la demande mondiale en huiles a explosé proportionnellement à la démographie des pays émergents et aux modes alimentaires de leurs habitants. La Chine a, par exemple, triplé sa consommation". Amorphe avec la crise du Covid-19, le marché a repris des couleurs. Il est, en plus, dopé par les besoins croissants en biocarburants, du fait du cours très élevé du pétrole

Mais l'offre, elle, est à la peine. Les producteurs sont confrontés à un double problème : une pénurie de main d'œuvre et des stocks au plus bas. Par exemple, l'Indonésie, premier producteur d'huile de palme, a drastiquement baissé ses exportations pour privilégier le marché domestique. Cela explique en grande partie que ce type d'huile se vend aujourd'hui 61% plus cher qu'il y a un an. Un record. De même, la production européenne en 2021 n’a pas dépassé 17 millions de tonnes pour le colza et les 30 millions de tonnes pour celle d’autres oléagineux (tournesol, soja, pois). Ce décalage offre-demande suscite logiquement une hausse des prix. 

Une météo particulièrement défavorable

L'autre explication se trouve du côté de la météo. "Les raisons de l'augmentation des huiles végétales tiennent aux aléas climatiques : à la sécheresse aux États-Unis et au Canada pour le colza et le soja, aux pluies et inondations au Brésil à nouveau pour le soja, la sécheresse dans le Sud de la France, en Espagne et au Portugal pour l'olive", détaille Élisabeth Cony auprès de TF1, fondatrice de Madame Benchmark.

Pour autant, les marques françaises d'huiles n'ont, pour l'heure, que peu augmenté leurs tarifs. "Les marques nationales n’ont progressé que de 1,15 %", note 60 millions de consommateurs. "Mais il faut s’attendre à un bond ce printemps, après la fin des négociations commerciales annuelles entre fabricants et distributeurs", prévient l'association. 


M.G | Reportage TF1 Tiphaine Leproux, Lorene Poupon et Pierre Corrieu

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