Teneurs excessives en eau, dénominations abusives, pratiques non autorisées...
Une enquête de la DGCCRF épingle les pratiques de certains professionnels de la filière du beurre.
Près d'un tiers des établissements contrôlés présente une anomalie.

Au cœur de la préparation du beurre : "Un lait avec un bon taux de matières grasses", lance Céline Juhel. Cette crémière produit vingt kilogrammes de beurre chaque semaine. "Plus ma crème va être naturelle, avec vraiment que du lait (...), plus vous ferez un super beurre, rien de plus !", explique-t-elle méthodiquement dans le reportage de TF1 ci-dessus.

Mais tout le monde ne respecte pas toujours la recette. Une enquête de la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), publiée en fin de semaine dernière, révèle un taux d’anomalie de 29,5% dans la filière des matières grasses laitières. Près de 130 établissements avaient été contrôlés en 2019, dans une trentaine de départements principalement situés dans des régions d’élevage laitier, comme la Bretagne ou la Normandie. Conclusion : Près d'un tiers des établissements contrôlés présente une anomalie. 

"Les principales anomalies relevées concernaient le processus de fabrication, la composition et l’étiquetage des beurres et matières grasses laitières", peut-on lire dans le communiqué de la DGCCRF, qui note que certaines anomalies peuvent être constitutives de pratiques commerciales trompeuses.

Une teneur en eau trop élevée

La DGCCRF pointe notamment du doigt une teneur en eau trop élevée. Un règlement européen fixe à 16% la teneur en eau maximale que peut contenir un beurre. Or lors du contrôle, près de 15 % échantillons dépassaient cette limite, précise le communiqué. Résultat : un beurre de moins bonne qualité, moins cher à produire.

"Puisqu'on laisse plus d'eau dans le produit, il est plus lourd mais contient moins de matière noble (La crème, NDLR). Effectivement, ça coûte moins cher à produire", analyse auprès de TF1 Kelly Frank, ingénieure en science des aliments. 

Du beurre salé qui ne l'est pas assez

Ces anomalies ont également été constatées au niveau des "beurres demi-sel", dont quatre échantillons ne contenaient pas assez de sel pour mériter cette dénomination. Il n’existe aucune réglementation en la matière, mais les codes d’usage prévoient que les beurres salés doivent contenir au moins 3 grammes de sel pour 100 grammes de produit, et les beurres demi-sel entre 0,8 et 3 grammes.

Par ailleurs, les contrôles ont révélé des pratiques interdites, comme le recyclage de beurres retournés ou mal emballés afin de produire des beurres de qualité supérieure ou extrafins. Certains établissements ont aussi été épinglés pour avoir indiqué sur l’étiquette utiliser de la crème, alors qu’il s’agissait, totalement ou en partie, de matière grasse de lactosérum. "Les non-conformités se concentrent principalement sur l’étiquetage et la composition des beurres", insiste la DGCCRF dans son communiqué. 


M.T Reportage Mérième Stiti, Aurore Coulon, Olga Lévesque

Tout
TF1 Info