REPORTAGE EXCLUSIF - Hauts-de France : plongée dans la plus grande ferme d'insectes du monde

par V. F | Reportage TF1 : Eléonore Payro, Antoine Pocry et Stefan Iorgulescu
Publié le 7 décembre 2023 à 21h28

Source : TF1 Info

Il s'agit sans doute de la protéine du futur : les insectes, et la farine que l'on peut en retirer, pourraient servir de base à de nombreux aliments.
Une équipe de TF1 a pour la première fois pu visiter la plus grande ferme d'insectes au monde, construite à côté d'Amiens.

En 2050, il y aura près de 10 milliards d’habitants sur Terre. Une population qu'il va falloir nourrir, ce qui va nécessiter de repenser la manière dont nous produisons et consommons notre alimentation. Et si les insectes, tels que les grillons ou les larves de scarabée, très riches en protéines, était cette fameuse nourriture du futur ? C'est ce que pense notamment la startup Ynsect qui exploite la plus grande ferme verticale d’insectes au monde près d'Amiens (Hauts-de-France). Pour la première fois, les caméras de TF1 ont pu pénétrer dans cet espace de 40.000 m², avec près de 40 mètres de hauteur. Un volume de cathédrale pour une exploitation d'un nouveau genre. "C'est le résultat de plus de dix ans de recherches et de développement", explique Antoine Huber, le cofondateur et vice-président exécutif d'Ynsect, dans le reportage à retrouver en tête de cet article. 

Des zones de repos, de reproduction et de nourrissage

Sur ce site, les insectes sont exclusivement élevés pour l'alimentation animale, et ils ont droit à un menu sur mesure. "En fonction de la quantité de larves, on va avoir une quantité précise d'aliments et une composition nutritionnelle spécifique pour qu'ils grandissent le mieux possible", précise Antoine Huber. Dans ce lieu étonnant, on trouve ainsi des zones de repos, de reproduction et de nourrissage. Résultat, tout au long de leur vie, les insectes feront de nombreux trajets d'un espace à l'autre dans des bacs automatisés. 

À chaque étape, ils sont scrutés et triés pour suivre leur croissance. "On voit qu'on a des petites larves, des larves un peu plus grosses. Il y a une imagerie avec des caméras qui va venir prendre en photo 100% du bac, comme ça on a une vraie vision claire sur le lot. Quelles sont ses performances ? Où en est-ce qu'il en est en termes de physiologie ?", détaille Clémence Flocard, ingénieure démarrage à l'unité de croissance. 

Un taux élevé de protéines

Dans cette usine où se marie intelligence artificielle, robotique, et technologie dernier cri, tout se pilote à distance. "Tous les équipements peuvent se suivre directement sur les écrans. Dès qu'on a un bac qui parait avancé, ou dès qu'on a un équipement qui n'a plus assez de matière, il y a un défaut qui apparait en rouge et on sait tout de suite qu'il faut réagir", souligne Bénédicte Monnoyer, ingénieure start-up. Seule espèce étudiée ici, les larves de scarabée. Elles ont été sélectionnées pour leur taux élevé de protéines. Une source d'autant plus intéressante qu'elle consomme peu d'eau. Quinze fois moins que le poulet par exemple. 

Après trois mois d'élevage, les vers sont ensuite broyés en poudre. "On a le produit principal qui est un concentré riche en protéines, très digeste pour les animaux d'élevage : les poissons, les poulets, les porcs, mais aussi nos animaux domestiques : les chats et les chiens. Et ça peut aider à utiliser moins de viande, assez contributif sur le réchauffement climatique. Nos produits ont quarante fois moins d'émissions de gaz à effet de serre", résume Antoine Huber. Même les déjections des insectes sont valorisées. Sous forme de granulés, ils servent d'engrais biologique.

Ces produits plus vertueux sont également moins chers que les fertilisants et les aliments pour animaux traditionnels. Pour répondre à une demande en hausse, l'entreprise prévoit de produire 160.000 tonnes de ces ingrédients d'ici à quelques années. 


V. F | Reportage TF1 : Eléonore Payro, Antoine Pocry et Stefan Iorgulescu

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