Crise des migrants : "Il suffirait d'accueillir 100 personnes" par pays de l'UE, estime Sandrine Rousseau

ML
Publié le 15 novembre 2021 à 10h43

Source : TF1 Info

CRISE MIGRATOIRE - Invitée de l'Interview Politique sur LCI, ce lundi, la présidente du conseil politique de Yannick Jadot a estimé que l'Europe devait prendre en charge les migrants bloqués depuis des jours le long de la frontière entre la Pologne et la Biélorussie.

"Il faut les accueillir, ce sont nos valeurs européennes", a tranché Sandrine Rousseau : interrogée lors de l'Interview Politique sur LCI, ce lundi 15 novembre, au sujet des milliers de migrants bloqués depuis plusieurs jours à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, la présidente du conseil politique du candidat EELV à la présidentielle, Yannick Jadot, a estimé qu'il fallait faire entrer ces personnes sur le territoire européen.

Depuis plusieurs jours, Varsovie accuse Minsk d'avoir donné de nombreux visas et acheminé des milliers de migrants à leur frontière commune pour faire pression sur l'Union européenne, après que celle-ci a imposé des sanctions au président autoritaire biélorusse, Alexandre Loukachenko, pour avoir réprimé violemment des manifestations dans son pays, l'an passé. Depuis, l'escalade se poursuit entre l'ex-République soviétique et la communauté européenne, Minsk menaçant l'Europe de suspendre l'acheminement de gaz transitant par son pays. 

Au sujet de ces migrants bloqués à la frontière, qui tentent de franchir de force des barbelés érigés par la Pologne, "ce sont 3000 personnes, alors que l'Europe compte 447 millions d'habitants", a lancé Sandrine Rousseau. La finaliste à la primaire des Verts a appelé l'Europe à accueillir ces migrants en les répartissant entre tous les pays européens, assurant qu'il ne revient pas à la Pologne de tous les prendre en charge.

"L'Europe doit avoir une politique migratoire"

"Il suffirait d'accueillir 100 personnes par pays, a-t-elle lancé. L'Europe se déshonore en ne le faisant pas." Elle a également estimé que l'Union européenne "doit avoir une politique migratoire, elle a aujourd'hui délégué la question migratoire aux pays frontières, et notamment à la Turquie", a-t-elle déclaré, déplorant que l'instance supranationale soit devenue à ses yeux "une forteresse".

Parmi ces migrants, plusieurs sont des Kurdes venus de Syrie, ainsi que du Kurdistan contre lequel la Turquie est en "guerre larvée" et qui "leur coupe l'eau", faisant planer une menace de "famine" sur cette population, a-t-elle assuré. "Aucun pays d'Europe ne s'est élevé contre cela", s'est-elle irritée. "Parmi ces migrants, il y a des nourrissons que l'on laisse dans le froid (...) c'est grave", a-t-elle lancé. 

Accueillir ces migrants est aussi, selon Sandrine Rousseau, "la meilleure manière de prendre la Biélorussie à son jeu" : "la Biélorussie fait un chantage humain, c'est inadmissible, mais c'est inadmissible que l'Europe la laisse faire ce chantage en déléguant la question migratoire aux pays frontières", a-t-elle estimé. 

Quant aux propositions des candidats LR Michel Barnier et Xavier Bertrand d'ériger un mur à la frontière avec la Biélorussie, "on se déshonore à construire des murs et on reprend les pires moments de l'histoire", a-t-elle jugé. D'après elle, cette stratégie "dit à quel point nous sommes inconsistants dans notre réflexion sur les raisons du départ de ces migrants"

La présidente du conseil politique de Yannick Jadot a par ailleurs réagi à l'accord signé au terme de la COP26, qui a pris fin vendredi 12 novembre. "Cela aurait pu être pire, mais ce qu'il s'y est passé est grave", a-t-elle estimé. Décrivant "une COP décisive sur un moment de bascule", elle a jugé que "l'on n'a pas évité le pire parce que l'Europe n'était pas unie face à la Chine et l'Inde, et que la France a défendu le nucléaire contre vents et marées"

"C'est comme si on était dans un aveuglement sur ce qui est en train de se passer", a-t-elle glissé. "Je suis très inquiète et nous devrions tous l'être", a-t-elle ajouté, expliquant que certains pays avaient pris moins d'engagements que lors de la COP21, en 2015. "Maintenant, chaque État doit faire un effort, il ne faut pas s’en remettre à un accord international", a-t-elle jugé, estimant aussi que "l'Europe a quelque chose à jouer d’historique en étant la force qui montre l’exemple, mais aujourd'hui elle n’y est pas arrivée"


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