PODCAST - Michel Izard : "Quand j’ai commencé à la télé, mon accent ne plaisait pas !"

Publié le 17 novembre 2022 à 19h05

Source : JT 13h WE

Le grand reporter de TF1 publie "Le Mystère de l’île aux cochons" (Editions Paulsen), un livre inspiré par son voyage sur la terre cachée des manchots royaux.
Son aventure, son métier, sa passion de l'écriture... Il se raconte dans un nouvel épisode du podcast "Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux".

Michel Izard, c’est une voix que les téléspectateurs du JT de TF1 connaissent bien. Et même très bien. Depuis près de 30 ans, ce grand reporter passé par tous les services de la rédaction nous fait partager sa passion pour l’aventure, l’histoire et la culture. Et souvent tout ça à la fois lorsqu’il embarque son fidèle caméraman Bertrand Lachat à l’autre bout du monde pour ramener des images jamais vues.

En 2019, les deux amis profitaient d’une expédition scientifique pour nous faire découvrir l’île aux Cochons, au Sud-Ouest de l’Océan Indien. Inexplorée depuis près de quatre décennies, elle abrite une colonie de manchots dont la population s’est radicalement effondrée ces dernières années.

De ce voyage, Michel Izard est revenu avec des souvenirs plein la tête. Et l’envie de raconter le destin incroyable de ceux qui l’avaient précédé sur cette terre sauvage. Le livre s’intitule Le Mystère de l’île aux Cochons, il est publié aux éditions Paulsen. Et son auteur a accepté de nous le raconter dans un nouvel épisode du podcast Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux. Extraits…

Sur la découverte de l’île aux Cochons

"Cette île, personne n’y était allé depuis 37 ans. Perdue, loin de tout, préservée par les hommes, elle était mythique pour abriter la plus grande colonie au monde de manchots royaux. Sur 20 hectares, il y en avait près de 2 millions. Jusqu’à 2016, lorsque des images aériennes ont démontré que leur nombre avait chuté de 80% en l’espace d’une trentaine d’années sans qu’on comprenne pourquoi. À la demande de l’UNESCO, une mission s’est montée pour aller voir ce qui se passe. Pour la rejoindre, il a fallu convaincre. Et après 5 jours de voyage et 2500 kilomètres de mer, l’île aux Cochons a surgi devant nous dans la brume. Comme une image de légende."

Sur son envie d’écrire un livre

"Quand je rentre chez mes parents, j’ai toujours ma chambre où il y a mon placard et ma petite bibliothèque avec en vrac des tonnes de cahiers. J’ai toujours écrit. Après 30 ans de reportages à la télévision, j’ai réalisé qu’il me fallait un beau sujet. Le premier, je l’ai trouvé quand je suis allé en Terre Adélie, sur les pas de Jules Dumont d’Urville (Adélie, mon amour - Michel Lafon 2018). Cette fois, il n’y avait pas un personnage mais plusieurs puisque je suis allé rechercher toutes ces histoires des marins, des chasseurs de phoques, des naufragés qui avaient pu aborder et passer du temps sur cette île où je suis resté six jours, fasciné par cette nature sauvage qui vous saute à la gueule."

TF1

Sur son style unique de reportage

"Je me souviens que quand j’ai commencé à la télé, mon accent ne plaisait pas. Grâce à ma rencontre avec Jean-Pierre Pernaut et le journal de 13H, ce n’était plus un problème, au contraire ! De l’extérieur, ça peut paraître étonnant qu’ici, à TF1, où on imagine peut-être qu’on normalise les choses, on m’ait encouragé à aller vers ce type d’écriture. Il y a l’accent, l’intonation mais aussi le phrasé. C’est ma personnalité mais c’est quelque chose que je travaille. L’écriture, c’est pareil. Il faut chercher les mots. Même pour un reportage télé. Il ne faut surtout pas baisser la garde sur le vocabulaire. Orwell disait que "l’appauvrissement du vocabulaire, c’est le début du chaos moral". Sinon tous les mots, toutes les notions se valent."

Michel Izard sur l'île aux cochons avec Bertrand Lachat, le JRI qui l'accompagne dans toutes ses aventures.
Michel Izard sur l'île aux cochons avec Bertrand Lachat, le JRI qui l'accompagne dans toutes ses aventures. - TF1

Sur sa passion intacte pour son métier

"Je suis journaliste, le principal c’est la véracité de l’information. L’honnêteté dans la manière d’en rendre compte. Mais il y a aussi un savoir-faire. Notre travail, notre devoir, c’est de trouver le moyen de faire passer une information, même compliquée. Le moyen, c’est raconter une histoire. Et qu’est-ce qu’il y a de mieux que de se retrouver devant une page blanche en se demandant "comment je vais dire, comment je vais rapporter ce voyage, ce souvenir extraordinaire dont je ressens encore des frissons ?"


Jérôme VERMELIN

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