"10 minutes pour convaincre" : ce qu'il faut retenir du passage de Jean-Luc Mélenchon sur TF1

Publié le 7 avril 2022 à 22h18, mis à jour le 8 avril 2022 à 11h16

Source : TF1 Info

Jean-Luc Mélenchon était l'invité de "10 minutes pour convaincre", jeudi 7 avril sur TF1.
VIe République, pouvoir d'achat, Ukraine, il a expliqué plusieurs points de son programme.

À trois jours du premier tour de l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon était l'invité de "10 minutes pour convaincre", sur TF1. Le leader de la France insoumise, qui tente de rassembler la gauche derrière sa candidature, est revenu sur plusieurs points de son programme. Il a notamment défendu sa position de non-alignée dans un contexte international troublé par la guerre en Ukraine, ou encore l'instauration d'une VIe République.

Son premier geste symbolique

La semaine suivant le second tour sera marquée par le 77e anniversaire du premier du droit de vote des femmes, rappelle Jean-Luc Mélenchon qui souhaite, s'il est élu, s'identifier à la lutte des femmes pour l'égalité des droits. "J'irai le samedi au Panthéon, aussi accompagné que possible, rendre hommage aux cinq femmes qui s'y trouvent et qui sont assez emblématiques de tout ce que l'humanité peut s'apporter à elle-même", déclare le candidat de la France insoumise. "Une manière de donner de la respiration à un mandat qui commence", justifie-t-il.

Ses premières mesures

S'il est élu, la première mesure d'urgence de Jean-Luc Mélenchon sera de bloquer le prix des produits de première nécessité. "Nous avons des millions de compatriotes qui sont en train de basculer dans des situations de dénuement, de pauvreté ou de gêne, en plus de tous ceux qui le sont déjà", défend le candidat, qui cite ce qui est appliqué à la Réunion, où le préfet bloque le prix de 153 produits.

Pour réussir à contrôle le prix des matières premières, et notamment du carburant, Jean-Luc Mélenchon propose d'ouvrir les discussions avec les pays du Maghreb, producteurs de tels produits et qui, eux, vont souffrir de la hausse des prix des céréales. Jean-Luc Mélenchon propose de réserver des stocks de céréales pour ces pays et de bloquer les prix, en échange, de prix "qui nous intéressent sur le gaz et le pétrole". "Je pense que si on se met bien d'accord avec les pays de la façade magrébine, on va s'éviter une catastrophe", présage le candidat. 

Collectiviser les biens communs

Dans son programme, le candidat de la France insoumise propose de "collectiviser" les biens communs que sont "l'eau, l'air et l'énergie", ce qui voudrait dire qu'ils ne seraient plus considérés comme des "marchandises qu'on peut s'approprier à la discrétion du plus puissant". Ainsi, il recommande que l'eau soit gérée par une régie publique à l'échelle communale, "au plus près du terrain"

Pour l'air, la régie publique serait à une échelle plus grande. "On ne peut plus se permettre que des gens polluent l'air sans que cela ne leur coûte rien", souligne Jean-Luc Mélenchon. Sur la question de l'énergie, le candidat LFI défend sa volonté de sortir du nucléaire et souhaite plutôt tirer de l'électricité "des mouvements pour l'essentiel mécaniques de la mer, qui appartient à tout le monde". La collectivisation des biens communs, c'est "une mesure de planification écologique qui instaure l'idée qu'il y a des biens communs de l'humanité qu'on ne peut pas s'approprier", résume le leader insoumis.

Une VIe République

Souhaitant réformer les institutions de la Ve République, Jean-Luc Mélenchon promet que, s'il est élu, il convoquera une assemblée constituante, "faite par des gens tirés au sort, par des gens élus", et qui définira les règles d'une nouvelle république. Pour autant, le candidat ne rejette pas tout à fait la fonction présidentielle, reconnaissant que le titre "incarne la Nation", mais assure mettre fin à un "système monarchique absurde".

Sa réforme des institutions permettra au peuple de "rester acteur de l'Histoire", assure le candidat de la France insoumise. Il propose ainsi l'instauration du référendum d'initiative citoyenne, défendu par les Gilets jaunes, mais aussi le référendum révocatoire, qui permettrait de destituer un élu s'il n'est plus jugé apte à remplir ses tâches. 

S'il est élu, Jean-Luc Mélenchon accepte d'aller habiter à l'Élysée, bien qu'il assure que cela "a l'air un peu tristounet". 

Le non-alignement de la France

Le leader de la France insoumise se distingue par une position à l'internationale particulière. Celui-ci défend effectivement une position non-alignée, "ce qui ne veut pas dire neutre". Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs rappelé qu'il avait condamné la Russie dès le début de l'invasion et que face aux horreurs de Boutcha et de Marioupol, que Jean-Luc Mélenchon qualifie de "crimes de guerre", il voyait mal Vladimir Poutine devenir un "interlocuteur crédible avant fort longtemps".

Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs rappelé que "la France est capable de se défendre toute seule", souhaitant avant tout que le pays soit "autonome" et puisse "construire de nouvelles alliances dans le monde".

Pour ou contre...

La gestation pour autrui ? "Je suis absolument contre la GPA. C'est pas pareil que la procréation médicale assistée. Je changerai d'avis le jour où on me présente une milliardaire qui est prête à faire un gosse pour une pauvre gratuitement."

L'interdiction du port du voile à l'université ? "Non, ça s'appelle la police du vêtement, c'est complètement fou. Nous parlons de jeunes adultes. En France, il y a la liberté d'afficher sa religion, c'est comme ça."

Face à sa photo de président dans la bibliothèque de l'Élysée, Jean-Luc Mélenchon a expliqué préférer une photo devant la mer, "parce que la mer, c'est l'avenir de l'humanité". 


Aurélie LOEK

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