Élection présidentielle 2022

"10 minutes pour convaincre" : ce qu'il faut retenir du passage de Marine Le Pen sur TF1

Maëlane Loaëc
Publié le 6 avril 2022 à 22h38
JT Perso

Source : TF1 Info

La candidate du Rassemblement National était l'invitée de "10 minutes pour convaincre" dans le 20H de TF1, mercredi 6 avril.
Elle y a abordé entre autres ses propositions pour le pouvoir d'achat, sa position sur le conflit ukrainien et l'égalité hommes-femmes.

Dans la dernière ligne droite avant le scrutin présidentiel, la candidate du Rassemblement National a présenté les grands traits de son projet dans le 20H de TF1 ce mercredi. À quatre jours du vote, elle a surtout insisté sur ses propositions pour lutter contre la hausse des prix et l'attention qu'elle porterait aux préoccupations des femmes si elle décrochait l'investiture. La candidate d'extrême droite est aussi revenue sur sa position vis-à-vis de Moscou, se montrant ferme face aux agissements de Vladimir Poutine en Ukraine, mais espérant pouvoir "réarrimer la Russie à l'Europe" dans les années à venir.

Ses propositions pour un meilleur pouvoir d'achat

Si elle était élue à la tête de l'État, Marine Le Pen mettrait à l'honneur le pouvoir d'achat pour sa première mesure d'urgence, une thème sur lequel elle a misé dès le début de sa campagne. "Les Français sont étouffés, ils n’ont plus les moyens de boucler leurs fins de mois", a-t-elle argué, s'inquiétant aussi d'une inflation à venir qui va "durement frapper" la population.

Pour lutter contre cette menace, la candidate RN a rappelé sa proposition d'abaisser la TVA de 20% à 5,5% sur "l'ensemble des produits de l'énergie :  gaz, électricité, fioul, carburants". Elle souhaite également "annuler les hausses de carburants décidées par Emmanuel Macron en 2017 et 2018", et proposer un "panier de produits de première nécessité", à la fois alimentaires et d'hygiène, sur lequels elle supprimerait la TVA, "pour soulager les Français les plus modestes".

Massacres en Ukraine : "il faut répondre de manière ferme"

Au sujet de la guerre en Ukraine, Marine Le Pen a assuré avoir demandé une enquête de l'ONU sur les massacres découverts à Boutcha, dans la province de Kiev. "Emmanuel Macron semble avoir pointé la responsabilité de la Russie, je n'ai pas de raison de ne pas le croire, (...) mais je pense qu'il faut qu'il en tire les conséquences", a-t-elle poursuivi, évoquant le rappel de l'ambassadeur français en Russie. "Lorsque des civils désarmés sont ainsi massacrés - les images sont terriblement douloureuses - il faut répondre de manière ferme", a-t-elle appuyé.

La candidate du RN est aussi revenue sur ses propos tenus quelques jours plus tôt, avant ces découvertes macabres, lorsqu'elle avait déclaré que Vladimir Poutine pourrait "redevenir un allié" une fois la guerre terminée. "La Russie ne disparaitra pas, ne déménagera pas. On peut espérer que d'ici plusieurs années, comme le souhaitait Emmanuel Macron d'ailleurs, on ait la capacité de réarrimer la Russie à l'Europe", a-t-elle avancé, se disant inquiète face à la perspective que celle-ci "parte définitivement entre les bras de la Chine" pour former "une mégapuissance" qui menacerait le Vieux-Continent. 

Quant à son programme, qui incluait "une entente militaire avec la Russie sur la sécurité européenne et la lutte contre le terrorisme", il a été rédigé "avant la guerre" et cette proposition n'est donc plus d'actualité, a-t-elle assuré. 

Démantèlement et coupure de subventions pour les parcs éoliens

Sur le volet des énergies, la députée du Pas-de-Calais a réaffirmé sa volonté de supprimer toute subvention aux éoliennes et démanteler tous les parcs existants. "J'engagerai le chantier de démantèlement, car je pense qu'Emmanuel Macron a commis l'erreur majeure de tourner le dos au nucléaire au début de son mandat, il a déstabilisé notre industrie nucléaire, et nous sommes aujourd'hui plus dépendants du charbon et du gaz russes notamment, très polluants, qu'au début de son mandat", a-t-elle estimé. Elle a par ailleurs affirmé que 4,5 milliards d'euros de subventions étaient donnés à ces énergies "intermittentes" et donc dépendantes des "centrales à gaz et charbon".

Égalité femmes-hommes : si elle est élue, elle sera "attentive" aux attentes des femmes

Dans ses "22 mesures pour 2022", Marine Le Pen ne propose aucune mesure liée explicitement à l'égalité hommes-femmes. "La première des choses pour répondre à cette égalité, c'est de permettre à une femme d'accéder à la présidence de la République", a-t-elle plaidé sur TF1. Elle a assuré "qu'il y a beaucoup" à ce propos dans l'ensemble de son programme. Si elle venait à être élue, elle a promis d'être "attentive" à des sujets d'inquiétude pour les femmes, comme la santé, la sécurité et la lutte contre le harcèlement, ou encore l'égalité salariale.

Lire aussi

Ses propositions pour resserrer les liens entre les électeurs et les élus

Pour réconcilier les Français avec la sphère politique, à l'aube d'un scrutin sur lequel plan la menace d'une abstention record, la candidate d'extrême droite souhaite "redonner du pouvoir" aux citoyens et faire en sorte "que chaque voix soit entendue". Pour ce faire, elle veut miser sur deux mesures "qui ont fait l'objet de promesses par le passé mais n'ont jamais été tenues" selon elle. 

Elle souhaite tout d'abord instaurer la proportionnelle intégrale à l’Assemblée Nationale : "Tous les Français doivent être représentés, il faut que chaque voix compte, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui", a-t-elle affirmé. La candidate du RN propose également mettre en place un Référendum d'initiative citoyenne (RIC), qu'elle aimerait solliciter sur de "grands sujets" comme l'immigration dès le début de son mandat si elle est élue. "Je veux aussi que les Français, dès 500.000 signatures, puissent déclencher un référendum sur des sujets de société, dont je pense qu’ils doivent être réglés par la société", a-t-elle ajouté.

Pour ou contre...

La gestation pour autrui ? La candidate du RN a réaffirmé sa position très ferme, se disant "tout à fait contre" : "je pense que c'est une commercialisation du corps de la femme qui est indigne de notre civilisation", a-t-elle estimé.

L'interdiction du port du voile à l'université ? Marine Le Pen s'est dite "pour l’interdiction du voile absolument partout, y compris dans l’espace public", y voyant un "uniforme islamiste" et affirmant que "l'on utilise les femmes pour faire avancer cette idéologie totalitaire, que je vais combattre avec la plus grande fermeté". Elle souhaite faire voter "une loi de lutte contre les idéologies islamistes", estimant que celle de Gérald Darmanin sur les "séparatismes" avait été "tout à fait inefficace pour lutter contre le développement de l’islamisme dans notre pays".

L'interdiction de la chasse le week-end ? "Je suis sûre qu'on l'on pourra réussir à créer une discussion pour se partager le temps le week-end, pour que chasseurs puissent chasser et les promeneurs se promener en toute sécurité", a-t-elle répondu.


Maëlane Loaëc

Sur le
même thème

Articles

Tout
TF1 Info