Le député, qui s'est dit "favorable" à cette levée d'immunité parlementaire, pourrait être placé en garde à vue.
Visé par plusieurs plaintes pour viol, dont plusieurs ont été classées, il a dénoncé des "calomnies ignobles".
Suite à la révélation d'un nouveau dépôt de plainte en juin 2022, l'ancien ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des personnes handicapées avait quitté le gouvernement le mois suivant.

Damien Abad bientôt en garde à vue ? Visé par des accusations de viol, l'ancien ministre et député a vu son immunité parlementaire levée ce mercredi 24 mai, une décision prise à l'unanimité par le bureau de l'Assemblée nationale. 

La justice avait fait cette demande de levée d'immunité dans le cadre d'une enquête préliminaire en cours à Paris, et Damien Abad s'y était dit lui-même "favorable". Du fait de cette décision du bureau de l'Assemblée, sa plus haute instance collégiale, le député, apparenté Renaissance, peut notamment être placé en garde à vue.

Il n'y a pas eu de débat lors de la réunion du bureau de l'Assemblée. La patronne des députés Renaissance Aurore Bergé, qui était présente, a rapporté que "la position de notre groupe est constante : l'immunité parlementaire doit être systématiquement levée dès lors que les faits ne concernent pas notre travail parlementaire""Nous étions donc évidemment favorables à la levée de l'immunité de Damien Abad", a-t-elle ajouté. 

Les demandes de levée d'immunité sont formulées par les parquets et transmises par le garde des Sceaux au président de la chambre parlementaire concernée. Le bureau se prononce sur le caractère "sérieux, loyal et sincère" de la demande, non sur le fond.

Damien Abad, élu de l'Ain, l'assure : "Dès l'ouverture de l'enquête préliminaire, j'ai toujours dit que je me tenais à la disposition de la justice afin de pouvoir répondre aux questions des enquêteurs et confirmer ainsi mon innocence face aux calomnies ignobles dont je suis la cible".

Une nouvelle plainte déposée en juin 2022

L'ancien chef des députés LR avait été nommé en mai 2022 ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des personnes handicapées. Dès le lendemain de sa nomination, Mediapart relayait des accusations de viol à son encontre, datant de 2010 et 2011. Les plaintes furent classées en 2012 puis 2017. Mais fin juin 2022, une plainte était une nouvelle fois déposée, entraînant l'ouverture de l'enquête préliminaire parisienne pour tentative de viol.

Damien Abad, réélu député pour un troisième mandat, a quitté le gouvernement début juillet. Les "conditions de sérénité" n'étaient "plus présentes", avait expliqué Olivier Véran, porte-parole du gouvernement.


F.R avec AFP

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