Accusations visant Éric Coquerel : la militante Sophie Tissier saisit le comité contre les violences sexuelles de LFI, le député se défend

Léa Prati
Publié le 3 juillet 2022 à 15h34
JT Perso

Source : TF1 Info

Sophie Tissier, figure des Gilets jaunes, a annoncé dimanche qu'elle saisissait le comité contre les violences sexuelles de LFI, mettant en cause à son tour Eric Coquerel.
Le députe a de nouveau rejeté ces accusations.

Nouvel épisode dans la polémique qui vise Éric Coquerel, suspecté de "comportements inappropriés" envers certaines femmes. Après les propos tenus à son encontre sur RTL par la militante et éditorialiste Rockaya Diallo, c'est au tour de la militante Sophie Tissier de dénoncer un supposé comportement inapproprié du député LFI. 

Figure du mouvement des Gilets jaunes et ancienne membre du Parti de gauche, dans lequel militait Eric Coquerel, Sophie Tissier a annoncé dimanche avoir saisi le comité contre les violences sexistes et sexuelles de LFI. Cet organe est chargé de traiter les alertes concernant des membres du mouvement, de mener une enquête et de transmettre ensuite les informations circonstanciées aux instances dirigeantes du parti. 

"Mains baladeuses"

Contactée par TF1 et LCI, Sophie Tissier confirme ses propos, accusant le député d'avoir eu "les mains baladeuses" à l'occasion d'une soirée s'étant déroulé en 2014, lors des universités d'été du Parti de Gauche à Grenoble. "La journée, j'ai senti à de nombreuses reprises les regards de Coquerel sur moi. Des regards que je qualifie de 'salasse' : il me fixait comme un prédateur", explique-t-elle au service police-justice de TF1-LCI. "La soirée dansante sur le campus démarre. Il vient se coller à moi, s'approche comme pour me renifler, me parle souvent dans l'oreille, a les mains baladeuses..."

Dans un article de Mediapart publié plus tôt, elle a fait référence à "plusieurs SMS" qui lui auraient été adressés à l'époque par Éric Coquerel pour qu'ils rentrent ensemble. Elle confirme ses dires à TF1-LCI : "C'était des messages du genre : 'je t'attends à la sortie de la boîte dans mon taxi. Allez, viens ! J'ai un superbe hôtel. Rejoins-moi'".

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Sophie Tissier est la première femme à saisir ce comité pour dénoncer les agissements supposés d'Éric Coquerel. Dans le mail qu'elle a envoyé à LFI, que nous avons pu consulter, elle explique : "Puisqu'il faut en passer par là... Remuer le passé, se confronter, témoigner et soutenir Rokhaya Diallo aussi qui a eu le courage d'exprimer sa désapprobation publique de la nomination d'Éric Coquerel à la commission des finances de l'AN." 

Sera-t-elle la seule à le dénoncer ? Visiblement pas. Tatiana Ventôse, vidéaste politique sur YouTube, s'insurge à son tour sur les réseaux sociaux. "Témoin directe. J'étais dans la voiture du campus à la discothèque de Grenoble à la soirée de fin Estivales de 2014 avec Sophie, Éric Coquerel et quelques autres personnes, puis à la soirée en boîte. J'ai vu et j'appuie le témoignage de Sophie."

Inversement, d'autres militantes ont témoigné sur les réseaux sociaux en faveur d'Eric Coquerel, assurant n'avoir jamais entendu de telles accusations à son encontre. 

Eric Coquerel nie "les gestes déplacés"

De son côté, Eric Coquerel, qui a publié une tribune pour se défendre dans le JDD, a jugé dimanche sur BFMTV qu'une "juste cause", celle du mouvement Metoo, pouvait être "instrumentalisée". "Je n'ai jamais eu de ma vie, et c'est quelque chose que j'abhorre, un comportement qui pourrait s'apparenter à un harcèlement, c'est-à-dire pour obtenir par la force physique et psychique quelque chose qu'on ne souhaite pas vous donner", a martelé explique l'élu, n'excluant pas de porter plainte pour diffamation. Il a nié toute forme de gestes déplacés ou de drague agressive. Des propos qui ont suscité de "la colère" et du "dégoût" pour Sophie Tissier. 

Alors qu'il vient d'être élu président de la Commission des Finances à l'Assemblée nationale, Eric Coquerel a évoqué les conséquences politiques de ces accusations. "On verra s’il y a une plainte sur des faits étayés, devant la justice. J'en serais fort étonné puisque Sophie Tissier reconnaît elle-même qu'il n'y a pas de fait délictueux. Je crois qu’il n’y aura pas de plainte, tout ça va faire pschit", a estimé le député de Seine-Saint-Denis sur BFMTV. 


Léa Prati

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