La remarque d'une députée macroniste sur les accompagnantes d'élèves en situation de handicap a créé la polémique.
Selon Claire Guichard, ces femmes "choisissent" ce travail pour avoir "les mercredis et les vacances scolaires".
Une réflexion qui a indigné plusieurs personnalités politiques... et poussé l'élue des Hauts-de-Seine à présenter ses excuses.

"La vie est faite de choix", a-t-elle asséné à deux reprises. Face à la commission des Finances, Claire Guichard, une députée de la majorité présidentielle, a voulu s'exprimer ce vendredi 27 janvier sur les effets de la réforme des retraites, notamment sur les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH). Alors que ce statut est très précaire, l'élue Renaissance des Hauts-de-Seine a estimé que ces femmes le "choisissent pour avoir les mercredis et les vacances scolaires". De quoi faire grincer des dents une partie de la gauche.

Contredite par Gabriel Attal

Évoquant sa propre expérience, Claire Guichard a affirmé que les AESH "sont des mères qui ont arrêté de travailler à une époque pour s'occuper de leurs enfants" et qui ont ensuite continué dans cette filière pour être libres lorsque les établissements scolaires sont fermés. Pour rappel, 90% des 132.000 AESH du pays sont des femmes dont la rémunération mensuelle moyenne "n'est que de 850 euros nets", comme l'avait souligné la sénatrice PS Marie-Pierre Monier, en décembre dernier. Soit, une rémunération en deçà du seuil de pauvreté. Mais pour la députée, les AESH ne doivent pas être "victimisées".

Une remarque surprenante pour celle qui est la suppléante de Gabriel Attal. Début novembre, le ministre délégué chargé des Comptes publics avait en effet annoncé que ces travailleuses bénéficieraient d'une augmentation salariale de 10% à la rentrée scolaire 2023. Par ailleurs, cette sortie est intervenue le jour où le ministre reconnaissait dans les pages de La Provence la nécessité d'améliorer la situation de ces accompagnantes. 

Face à cette sortie, Éric Coquerel a immédiatement réagi. Le président de la commission des Finances a invité sa collègue à se joindre à lui sur le terrain où "la grande revendication" de ces femmes "est que leur métier soit pris en considération". "Qu'on considère que c'est un métier de fonctionnaires et non pas des métiers partiels et très mal payés", a estimé l'élu LFI de Seine-Saint-Denis. C'est ensuite sur les réseaux sociaux que la polémique s'est prolongée. D'autres membres de gauche ont ironisé sur les propos de l'élue macroniste. "Il y a des gens qui choisissent d’être payés une misère par vocation, c'est sûr", a par exemple dénoncé Olivier Faure (PS). 

"Choisit-on la précarité, le manque de statut professionnel, un salaire en dessous de 1000 euros ? C'est un choix politique !", a commenté la députée Clémentine Autain (LFI). Enfin, un dernier député a simplement ajouté ce commentaire : "Hors sol."

Des réactions qui ont sans doute poussé Claire Guichard à présenter ses excuses, ce samedi sur Twitter. "Élue locale engagée depuis 20 ans pour la petite enfance, je sais que les AESH consacrent leur vie à la société", écrit-elle. "Mes mots d’hier ont pu laisser penser que je minore les difficultés qu’elles traversent. Ce n’est pas le cas. Aussi, je présente mes excuses à ceux qu’ils ont heurté(s)." 


F.S.

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