Benalla, l'affaire sans fin

Affaire Benalla : l'Assemblée nationale se déchire, les sénateurs poursuivent l'enquête

Vincent Michelon
Publié le 27 juillet 2018 à 8h31, mis à jour le 27 juillet 2018 à 9h49
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Source : Sujet JT LCI

L'essentiel

RELAIS - Alors que l'opposition dénonce le fonctionnement de la commission d'enquête parlementaire de l'Assemblée nationale à majorité LaREM, les sénateurs (à majorité LR, eux) poursuivent leur travail dans l'ombre avec une plusieurs auditions sensibles prévues la semaine prochaine.

Et pendant ce temps, les sénateurs travaillent... Alors que les députés se déchirent depuis ce jeudi autour de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Benalla - les groupes LR et LFI ont claqué la porte et vont voter une motion de censure contre le gouvernement -, l'autre commission d'enquête, celle du Sénat, poursuit son travail sans heurts et avec une efficacité constatée par de nombreux observateurs. 

Quand la majorité LaREM du Palais Bourbon a rejeté l'hypothèse de nouvelles auditions au sein du camp Macron - notamment le patron d'En Marche Christophe Castaner et le porte-parole de l'Elysée Bruno Roger-Petit, la droite sénatoriale ne s'est manifestement rien interdit.

Des auditions importantes

Les sénateurs s'étaient déjà illustrés ce jeudi avec l'audition du secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, un très proche d'Emmanuel Macron que la majorité LaREM à l'Assemblée n'avait pas souhaité convoquer. Le bras droit du chef de l'Etat était passé à la moulinette des questions du président de la commission, Philippe Bas (LR), et des autres membres durant plus de deux heures. L'occasion pour Philippe Bas de dénoncer avec bonhomie "de graves dysfonctionnements" dans l'appareil élyséen et "la confusion dans le fonctionnement de l'Etat de droit". 

Loin des éventuels mots d'ordre de l'exécutif - contrairement à la majorité à l'Assemblée -, les sénateurs poursuivent donc leur programme la semaine prochaine. Ils auditionneront en particulier, mardi 31 juillet à 8h, le secrétaire d'Etat Christophe Castaner, délégué général de la République en marche, dont le mouvement a salarié Vincent Crase, un gendarme réserviste qui accompagnait Alexandre Benalla sur la place de la Contrescarpe le 1er mai dernier, également mis en examen pour violences en réunion.

La commission d'enquête sénatoriale entendra au préalable, ce lundi, Jean-Marie Girier et Stéphane Fratacci, respectivement chef et directeur de cabinet de Gérard Collomb. Des témoignages très attendus, Alexandre Benalla ayant, dans l'entretien accordé au Monde jeudi, accusé le cabinet du ministre de l'Intérieur d'avoir lancé les révélations sur l'affaire pour régler leurs comptes avec lui.

Seront également entendus lundi le préfet Michel Lalande, le préfet de police des Bouches-du-Rhône Olivier de Mazières et le colonel Lionel Lavergne, chef du groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), qui s'est, lui, déjà exprimé à l'Assemblée nationale. 

Côté Assemblée nationale, la seule audition programmée, ce vendredi à 11 heures, est celle de Pierre Leleu, commandant d'unité de la CRS 15 de Béthune, la compagnie qui était présente sur la place de la Contrescarpe, lors de la fameuse manifestation du 1er mai dernier. Un témoignage qui sera, lui aussi, important malgré l'absence de plusieurs membres de l'opposition.