Affaire des écoutes : Nicolas Sarkozy mis en examen pour "corruption active"

Le service METRONEWS
Publié le 2 juillet 2014 à 6h13
Affaire des écoutes : Nicolas Sarkozy mis en examen pour "corruption active"
L'essentiel

JUSTICE - Dans la nuit de mardi à mercredi, l'ancien chef de l'Etat a été mis en examen pour "corruption active" et "trafic d'influence". Son avocat Me Herzog a lui aussi été mis en examen. Les deux hommes sont soupçonnés d'avoir essayé d'obtenir des informations couvertes par le secret de l'instruction dans le cadre de la tentaculaire affaire Bettencourt.

La décision est spectaculaire. Dans la nuit de mardi à mercredi, après une journée de garde à vue à l'office anti-corruption de la PJ,  Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour "corruption active" et "trafic d'influence"  dans une enquête liée à l'affaire Bettencourt. Les juges ont également ordonné la mise en examen de l'avocat de l'ancien chef de l'Etat, Me Herzog. "Aucun élément matériel ne vient en appui de ces accusations", a toutefois déclaré à la presse le défenseur de ce dernier, Me Paul-Albert Iweins, sans expliciter les chefs de poursuites retenus. "Thierry Herzog est libre. Il reste l'avocat de Nicolas Sarkozy" avec qui il peut être en contact, a ajouté l'avocat.

Dans cette procédure, deux autres personnes avaient été placées en garde à vue lundi :  deux magistrats de la Cour de cassation, Patrick Sassoust et Gilbert Azibert. Ce dernier a été présenté aux juges d'instruction Patricia Simon et Claire Thépaut en fin de soirée, qui ont, là encore, décidé de le mettre en examen.

Retour en politique compromis ?

Les juges d'instruction soupçonnent Nicolas Sarkozy d'avoir essayé, par l'entremise de Me Herzog, d'obtenir des informations couvertes par le secret de l'instruction auprès de Gilbert Azibert sur une décision de justice en lien avec l'affaire Bettencourt, en échange de la promesse d'une intervention pour un poste de prestige à Monaco. La Cour de cassation devait alors se prononcer sur la saisie dans l'affaire Bettencourt des agendas de l'ancien chef de l'Etat, susceptibles d'intéresser les juges enquêtant sur d'autres dossiers, notamment l'affaire de l'arbitrage Tapie. Dans le dossier Bettencourt, l'ex-président avait été mis en examen avant de bénéficier d'un non-lieu.

Alors qu'ils enquêtaient sur l'affaire dite du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, les juges avaient décidé de placer l'ex-chef de l'Etat sur écoute, en particulier le téléphone qu'il utilisait sous l'identité d'emprunt de Paul Bismuth pour converser avec Me Herzog. Or, des échanges entre les deux hommes ont pu laisser croire qu'ils ont cherché à obtenir des informations confidentielles auprès de Gilbert Azibert. "Ces faits ne reposent que sur des écoutes que nous contestons et dont la légalité sera fortement combattue (...) Nous allons nous battre", a promis le conseil de Thierry Herzog, Me Paul-Albert Iweins. Reste que le retour sur la scène politique de l'ancien chef de l'Etat pourrait être, désormais, fortement compromis.

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