Affaire des écoutes : Nicolas Sarkozy placé en garde à vue

Nicolas Vanel
Publié le 1 juillet 2014 à 8h02
Affaire des écoutes : Nicolas Sarkozy placé en garde à vue

AFFAIRE – Suite au placement en garde à vue de son avocat Me Thierry Herzog, l'ancien président Nicolas Sarkozy a été convoqué par la police judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine), où il est arrivé mardi matin. Il a été également placé en garde à vue.

Après la mise en garde à vue de son avocat Me Thierry Herzog, Nicolas Sarkozy ne devait pas couper à une audition judiciaire. L'ancien chef de l'Etat est arrivé vers 8 heures, mardi matin, aux bureaux de l'office anti-corruption au siège de la police judiciaire à Nanterre (Hauts-de-Seine), révèle RTL, où lui a été signifié son placement en garde à vue, a rapporté une source judiciaire. Celle-ci peut durer 24 heures et les juges peuvent décider de la prolonger jusqu'à 48 heures. Nicolas Sarkozy devrait répondre aux questions des enquêteurs dans l'affaire de trafic d’influence présumé révélée par son placement sur écoute, ainsi que celui de son avocat.

Dans ce dossier, Nicolas Sarkozy aurait tenté d'obtenir des informations auprès d'un haut magistrat sur l'enquête lancée suite aux accusations de financement par la Libye de Mouammar Kadhafi de sa campagne présidentielle de 2007. La mise sur écoute du téléphone qu'il utilise sous l'identité d'emprunt de Paul Bismuth pour s'entretenir avec son avocat alimente alors les soupçons d'un trafic d'influence. L’ancien chef de l'Etat aurait ainsi cherché par l'entremise de Me Herzog à obtenir des informations auprès de l'avocat général à la Cour de cassation, Gilbert Azibert, sur une décision cruciale attendue dans l'affaire Bettencourt. La haute Cour devait se prononcer sur la saisie des agendas présidentiels de Nicolas Sarkozy, à laquelle ce dernier s'opposait. Ces documents étaient notamment susceptibles d'intéresser les juges enquêtant sur d'autres dossiers, notamment l'affaire de l'arbitrage Tapie.

Nicolas Sarkozy cerné par les affaires

Lundi, Me Thierry Herzog a été placé en garde à vue - qui a été prolongée de 24 heures, selon France Inter -, ainsi que Gilbert Azibert et un autre avocat général à la Cour de cassation, Patrick Sassoust. Me Herzog et Azibert avaient vu leurs domiciles et leurs locaux professionnels perquisitionnés début mars dans le cadre de cette affaire.

Alors que Nicolas Sarkozy semblait multiplier ces dernières semaines les signes d'un probable retour en politique, il apparaît fragilisé par les investigations en cours. Le parquet de Paris a ainsi confié la semaine dernière à des juges financiers une enquête sur le financement de la campagne de 2012 de l'ancien président pour "faux et usage de faux", "abus de confiance" et "tentative d'escroquerie", après les révélations du scandale Bygmalion. Une enquête est également menée sur la régularité des contrats conclus entre l'Elysée et des instituts de sondage sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.


Nicolas Vanel

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