L'affaire Pegasus, un espionnage au niveau mondial

Affaire du logiciel espion Pegasus : une discrète rencontre franco-israélienne pour tenter d'apaiser les tensions

AL, avec AFP
Publié le 23 octobre 2021 à 18h32
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

ESPIONNAGE - L'Elysée a confirmé vendredi qu'une rencontre entre responsables israélien et français a eu lieu récemment à Paris pour tenter d'apaiser les tensions nées des révélations sur le logiciel espion Pegasus.

C'est en toute discrétion que le "conseiller national à la sécurité" israélien Eyal Hulata a été envoyé à Paris il y a quelques jours afin d'apaiser les tensions qui sont nées entre la France et son pays des révélations d'un consortium de 17 médias internationaux sur le logiciel espion Pegasus. 

Une fois installé sur un téléphone mobile, ce logiciel permet d'espionner l'utilisateur de l'appareil en accédant à ses messageries ou ses données et d'effectuer des captations de son ou d'image en activant le téléphone à distance. 

Lors des révélations, l'Élysée avait alors fermement réagi, affirmant : "Si les faits sont avérés, ils sont évidemment très graves. Toute la lumière sera faite sur ces révélations." Selon l'enquête, les numéros du chef de l'État, de son premier ministre et de quatorze ministres auraient été visés par ce logiciel, commercialisé par la société israélienne NSO.

Les téléphones français pourraient être déclarés "intouchables"

Trois mois plus tard, confirmant des informations publiées par le média Axios, l'Élysée a affirmé qu'"une session utile de dialogue stratégique" s'était tenue entre Eyal Hulata et le conseiller diplomatique de l'Élysée et proche collaborateur d'Emmanuel Macron, Emmanuel Bonne. "Nous demandons des garanties dans l'affaire NSO et y travaillons avec les Israéliens", a précisé l'Élysée.

Selon Axios, Eyal Hulata a proposé que les téléphones français soient à l'avenir déclarés intouchables par NSO dans ses négociations avec des clients potentiels. Les téléphones américains et britanniques bénéficient déjà de cette interdiction. Une source proche du dossier a confirmé à l'AFP que cette option était sur la table entre les deux parties.

Une source proche de NSO avait affirmé début octobre que le groupe suit des règles très strictes avant d'octroyer à ses clients le droit d'utiliser son logiciel, prévoyant diverses exclusions. Une autre source proche de NSO avait assuré que le groupe avait déjà écarté de nombreux clients, estimant ne pas disposer de garanties suffisantes sur une utilisation légitime de son produit.

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Ni le bureau du Premier ministre israélien, ni NSO, n'ont fait de commentaires sur cette rencontre. Axios ne dit pas si la proposition israélienne a été acceptée, mais affirme que des officiels israéliens espèrent que la sortie de la crise provoquée par cette affaire est proche.

L'enquête réalisée par le consortium Forbidden Stories avait révélé que le logiciel Pegasus aurait permis d'espionner les numéros d'au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d'entreprise de différents pays.

Plusieurs plaintes ont été déposées en France par des personnes se disant victimes du logiciel. Le Maroc a notamment été accusé d'avoir eu recours au logiciel. Des affirmations que Rabat a démenties, parlant d'"allégations mensongères et infondées" et enclenchant plusieurs procédures judiciaires en France, en Espagne et en Allemagne.


AL, avec AFP

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