Présidentielle : le recours au cabinet McKinsey fait des remous

McKinsey accusé d'optimisation fiscale : "Le cabinet paiera ce qu'il doit à l'État français", affirme Le Maire

Virginie Fauroux
Publié le 20 mars 2022 à 13h53, mis à jour le 25 mars 2022 à 12h05
JT Perso

Source : TF1 Info

Selon le Sénat, le cabinet de conseil américain McKinsey, sollicité à de nombreuses reprises par le gouvernement, n'a payé aucun impôt sur les sociétés en France en dix ans.
Interrogé sur ces révélations, le ministre de l'Économie a assuré dans l'émission "Le Grand Jury" sur LCI ce dimanche, qu'il ne passera pas entre les mailles du filet.

Plusieurs candidats à la présidentielle et responsables politiques ont réclamé des comptes à l'exécutif sur leur large recours au cabinet de conseil américain McKinsey, qui n'a selon le Sénat payé aucun impôt sur les sociétés en France entre 2011 et 2020. La commission d'enquête a dénoncé dans son rapport, publié jeudi 17 mars, un "phénomène tentaculaire", au coût croissant pour les finances publiques. 

Ainsi, selon le Sénat, les dépenses de conseil du gouvernement, notamment dirigées vers le cabinet McKinsey, ont doublé depuis 2018, atteignant un coût estimé à 894 millions d'euros en 2021. Questionné sur ces révélations embarrassantes, Bruno Le Maire, invité du Grand Jury RTL- Le Figaro- LCI ce dimanche, a réagi fermement : "Nous allons nous assurer que McKinsey payent les impôts qu'il doit à la France, comme toutes les entreprises", a-t-il assuré. 

Toutes les procédures sont déjà engagées par la Direction générale des Finances publiques. McKinsey paiera.

Bruno Le Maire

"Cela fait cinq ans que je suis ministre de l'Économie et des Finances et l'un des grands combats que j'ai livré, c'est celui contre l'optimisation fiscale. Nous avons obtenu gain de cause au bout de cinq ans pour que tous les géants du numérique payent leur juste montant d'impôts à la France, McKinsey ne passera pas entre les mailles du filet", a poursuivi le ministre, ajoutant : "McKinsey paiera ce qu'il doit aux contribuables et à l'État français. (...) Toutes les procédures sont déjà engagées par la Direction générale des Finances publiques. C'est à elle de le faire de manière totalement indépendante. Elle le fera. McKinsey paiera". 

Pourquoi un tel recours du gouvernement aux cabinets de conseil, massif tout au long du mandat d’Emmanuel Macron ? Pour le ministre de l'Économie, "il y a un choix qui est fait pour certaines prestations. Cela peut être, par exemple, pour de l'aide informatique. Il est plus judicieux de faire appel à un prestataire extérieur plutôt que d'avoir des fonctionnaires qui sont pendant des années à s'occuper de la mise à jour de telles ou telles procédures informatiques", a-t-il expliqué. 

Et de poursuivre : "Je crois qu'il ne faut pas tout confondre. Que ces prestations soient véritablement ciblées sur ce que l'État n'a pas vocation à faire au long cours, je dis oui. S'il y a des dérives, une fois encore, c'est l'intérêt des rapports parlementaires. Mais qu'on estime que ces prestations vont trop loin, que le recours aux cabinets de conseil est excessif, et bien, comme l'a dit le Premier ministre, nous recentrerons ces activités".

McKinsey France se justifie

Suite à l'intervention de Bruno Le Maire sur LCI, McKinsey France a tenu à réagir. Le cabinet dit "respecter l’ensemble des règles fiscales et sociales françaises applicables", ajoutant que ses activités en France sont "déclarées" et qu'il "paye la fiscalité directe et indirecte due chaque année", tout en "s’acquittant des charges sociales au titre de ses salariés en France".

Concernant les impôts et les charges, "McKinsey France a payé de l’ordre de 422 millions d’euros d’impôts et de charges sociales entre 2011 et 2020". "Le cabinet est assujetti à l’impôt sur les sociétés en France, et a payé cet impôt les années où le cabinet a réalisé des bénéfices en France", a-t-il par ailleurs précisé.


Virginie Fauroux

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