Le soutien du directeur général de la police à la mobilisation contre l'incarcération d'un policier marseillais dans le cadre d'une enquête sur des violences policières a fait bondir la gauche.
Une indignation accentuée par le refus du chef de l'État de commenter ces déclarations, ce lundi, au cours de son interview diffusée sur TF1 et France 2.
Dans un communiqué, la Nupes appelle "au rétablissement de l'ordre républicain" et au "respect de l'état de droit".

"Le savoir en prison m'empêche de dormir", "de façon générale, je considère qu'avant un éventuel procès, un policier n'a pas sa place en prison, même s'il a pu commettre des fautes ou des erreurs graves dans le cadre de son travail". Les propos tenus dimanche soir par le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, concernant un policier incarcéré dans le cadre d'une enquête sur des violences policières commises en marge des émeutes début juillet, auxquels a souscrit le préfet de police de Paris Laurent Nuñez, suscitent l'indignation à gauche.

Ils ont poussé l'exécutif à réagir ce lundi, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin assurant que Frédéric Veaux avait "toute [s]a confiance", et le président de la République se refusant à faire tout commentaire  assurant depuis la Nouvelle-Calédonie que l'état de droit devait être respecté et que "nul, en République, n'est au-dessus de la loi"

Aucune sanction, même verbale. Les abus sont encouragés. Consternant
Jean-Luc Mélenchon

"Le président se refuse courageusement à 'commenter'. L’ordre doit être républicain. L’autorité de l’État, c’est rappeler à la règle la hiérarchie policière", a estimé le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, qui la veille avait jugé "gravissime" que "toute la hiérarchie policière se place au-dessus de la justice et des règles de la détention provisoire". "Emmanuel Macron 'ne commente pas' les attaques contre la justice des chefs de la police. Comme s'il n'était pas, au sommet de l'État, le garant des institutions et de leur fonctionnement", s'est également étonné le député François Ruffin, membre du groupe LFI.

"Pendant la sédition policière, le président (...) couvre les débordements sans soutenir la Justice. Aucune sanction, même verbale. Les abus sont encouragés. Consternant", a abondé l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon. Dans un billet de blog, l'ancien candidat à l'élection présidentielle a appelé "au respect des institutions républicaines les policiers entrés en sécession factieuse". De son côté, la cheffe des députés LFI Mathilde Panot a indiqué saisir la procureure de la République pour des faits pouvant constituer une infraction sur la base de l’article 40 du Code de Procédure Pénale.

Chez EELV, Marine Tondelier a dit attendre "de Macron qu'il ait une réponse très ferme" aux propos de Frédéric Veaux et a regretté qu'il ait "refusé de le faire". "Je trouve très décevant et même inquiétant qu'il n'ait pas voulu ou même osé le faire", a-t-elle commenté. "Ça aurait été bien en fait. Nécessaire, même."

L'éternel clivage droite/gauche

L'ensemble de la Nupes a uni ses voix pour appeler dans un communiqué "au rétablissement de l'ordre républicain dans la police et au respect de l'état de droit". Ils dénoncent une prise de parole de Frédéric Veaux et Laurent Nuñez "extrêmement grave et inquiétante", "rendue possible par l'absence de réaction de l'autorité politique". "Ce qui se passe sous nos yeux est extrêmement dangereux et inquiétant pour le respect de l'état de droit et les fondements de notre démocratie", écrivent La France insoumise, le PS et EELV. Le PCF n'a pas signé ce communiqué, mais a appelé le chef de l'État à condamner "les propos inadmissibles du directeur général de la police nationale".

Cette affaire est une nouvelle illustration du clivage droite/gauche à propos de la police. Car dans le même temps, quand Renaissance se fait plutôt discret sur le sujet, la droite soutient les agents et leur hiérarchie. "Les policiers ne peuvent se contenter du 'en même temps'. (...) Ils méritent un soutien clair et sans ambiguïté", a estimé le président des Républicains Eric Ciotti. Frédéric Veaux "a raison", a tweeté le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau. "Un policier ne devrait pas être incarcéré avant son procès. Le contrôle judiciaire devrait suffire, en particulier lorsque les infractions présumées ont été commises dans un contexte d’hyperviolences contre la police." 


J.F.

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info