Le gouvernement a mis en service ce jeudi l'application Agora, sur laquelle les citoyens pourront directement lui adresser des questions et participer à des consultations sur des thématiques spécifiques.
"Les gens vont pouvoir venir s'exprimer, juger, proposer" de façon anonyme et sécurisée, a expliqué le porte-parole du gouvernement Olivier Véran.

Elle promet d'être "la première appli qui fait dialoguer les citoyens et le gouvernement". L'exécutif lance ce jeudi l'application "Agora", "qui doit permettre de retrouver un chemin de communication" entre le gouvernement et les Français, pour "rapprocher l'action politique des citoyens", comme l'a présenté à l'AFP Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé du Renouveau démocratique. Avec cet outil numérique, les autorités espèrent ainsi "créer les conditions d’un dialogue démocratique continu entre les citoyens et le gouvernement", explique le site de l'application.

"Les Français aiment la politique, en parlent beaucoup et plébiscitent de plus en plus des mécanismes de démocratie directe", a relevé le ministre. "À mesure qu'ils sont de moins en moins nombreux à aller voter, ils sont de plus en plus nombreux à considérer que si on les interroge directement, ils iront voter", a-t-il développé. C'est en ce sens qu'est née "Agora" : "Les gens vont pouvoir venir s'exprimer, juger, proposer, etc.", a mis en avant Olivier Véran. L'outil a été conceptualisé par Grégoire Cazcarra, le fondateur de l'application Elyze, surnommée le "Tinder" de la présidentielle lors de l'élection 2022, proposant aux internautes de trouver le candidat qui leur convient le mieux. 

"TripAdvisor de la démocratie"

Concrètement, "Agora" organise d'abord des consultations numériques : une série de questions portant sur des thématiques spécifiques, durant "trois à quatre semaines chacune", a précisé le porte-parole jeudi sur France 2. "C'est gratuit, anonyme, ça prend quelques minutes pour y répondre, sous forme de QCM (...) ou de questions ouvertes", a-t-il souligné. "C'est transparent : quand vous remplissez vous savez ce que les autres ont rempli aussi", a poursuivi le ministre, ajoutant que l'application respecte le règlement général sur la protection des données (RGPD) et "est sécurisée"

Les internautes pourront ensuite suivre "les résultats en temps réel" de ces consultations et suivre leur "mise en œuvre politique au fil des mois", pointe le site de l'application. Les trois premières seront consacrées aux transitions écologique et énergétique, ainsi qu'au renouveau démocratique. L'emploi, la santé, la sécurité ou l'école devraient suivre.

La deuxième fonctionnalité se fonde sur des "questions au gouvernement citoyennes", "sur des sujets d’actualité ou sur les politiques mises en œuvre". "Les Français peuvent poser des questions sur l'application" et "peuvent voter pour la ou les questions qui seront directement posées au ministre en charge qui répondra dans l'application", a-t-il aussi détaillé Olivier Véran sur France 2. "Et moi aussi, je répondrai après le Conseil des ministres". Les internautes peuvent en effet soutenir une question postée sur l'application, et l'exécutif répondra "chaque semaine à la question la plus populaire", selon le site de présentation.

Interrogé sur la possibilité d'exercer la démocratie directe en passant simplement par un référendum, le porte-parole du gouvernement a rappelé qu'il soutenait cette consultation citoyenne, mais il a souligné "que ce sont deux choses différentes", défendant son "TripAdvisor de la démocratie" pour "faire de la démocratie directe". Auprès de l'AFP, il s'est dit par ailleurs convaincu que son application lui "survivra", car elle "transcende les clivages politiques".


M.L avec AFP

Tout
TF1 Info