À Viry-Châtillon ce jeudi, Gabriel Attal a présenté la feuille de route du gouvernement pour un "sursaut d'autorité" censé mener à une baisse de la délinquance et des violences chez les jeunes.
Comment le Premier ministre compte-t-il s'y prendre ? TF1info vous résume les principales annonces.

Contre l'"addiction d'une partie de nos adolescents à la violence", Gabriel Attal appelle à "la mobilisation générale" et "un vrai sursaut d'autorité". En déplacement ce jeudi à Viry-Châtillon (Essonne), ville endeuillée par la mort de Shemseddine, le Premier ministre a donné huit semaines à son gouvernement pour faire aboutir le "travail collectif" de concertation demandé par Emmanuel Macron, avec "un point d'étape central dans quatre semaines". De nombreuses pistes, orientations et réflexions - qui devront donc être confirmées - ont été avancées. Voici ce qu'il faut en retenir.

Aider et sanctionner les parents

• Aider les familles. Gabriel Attal a répété qu'à partir de la rentrée prochaine, les collégiens des quartiers prioritaires et des réseaux d’éducation prioritaire seraient scolarisés de 8h à 18h. Il veut encourager les jeunes à aller en internat, voyant-là "une opportunité pour couper, rapidement et efficacement, un jeune de ses mauvaises fréquentations"

• Sanctionner les familles. Le Premier ministre veut réprimer plus sévèrement les parents qui manqueraient à leurs obligations, "que les parents défaillants puissent faire l'objet de travaux d'intérêt général", et que ceux qui ne répondent pas aux convocations du juge des enfants puissent se voir infliger une amende.

Apprentissage du civisme à l'école

• Civisme. À la rentrée, toutes les écoles primaires devront proposer aux élèves des "cours d'empathie" censés apprendre "le respect de l’autre, de la tolérance, de la différence". Le chef du gouvernement souhaite aussi que les élèves se lèvent à l'entrée en classe du professeur, et que tous participent "aux tâches communes au sein de leur établissement scolaire".

• Sanctions. Gabriel Attal a annoncé la création, la rentrée prochaine, de commissions éducatives dès l'école primaire pour proposer des "peines adaptées" aux élèves, pouvant aller jusqu'à l'exclusion.

• Contrat. Les parents devront signer avec l'établissement scolaire de leur enfant un contrat "de droits et d’obligations" qui, s'il n'est pas respecté, pourra entraîner des sanctions.

• Parcoursup. Une mention spécifique pourra être visible dans le dossier Parcoursup d'un élève qui "gêne les cours", "défie l’autorité", "dégrade", "menace" ou "agresse". Elle pourra en être effacée si ce dernier réalise des activités d’intérêt général. Le chef du gouvernement veut aussi réfléchir au moyen de les sanctionner en leur enlevant des points au brevet ou au baccalauréat.

Justice des mineurs

• Séparatisme. Gabriel Attal a demandé au ministre de la Justice de prendre une circulaire pénale pour que soit appliquée "rigoureusement" la circonstance aggravante qu'est une agression d'un tiers en raison de sa religion.

• Comparutions immédiates. Le Premier ministre souhaite que des "jeunes qui commencent à partir à la dérive assistent à des comparutions immédiates". Il veut aussi réfléchir à la mise en place d'une comparution immédiate devant le tribunal pour les jeunes à partir de 16 ans, pour qu'ils puissent être jugés plus vite, "comme les majeurs"

• Mesures d'intérêt éducatif. Les "mesures d’intérêt éducatif, qui seront l’équivalent des travaux d’intérêt général pour les mineurs de moins de 16 ans" entreront en vigueur dès la rentrée des vacances de printemps.

• Sanctions plus rapides. Gabriel Attal veut travailler à "une mesure de composition pénale sans juge, pour les jeunes mineurs dès 13 ans. Si un jeune reconnaît les faits et accepte la sanction, il serait désormais possible d’avoir une sanction plus rapide".

• Excuse de minorité. Le Premier ministre se dit ouvert à un débat sur ce principe rendant moins sévères les sanctions pour les mineurs à délit égal avec un majeur.

Respect de la laïcité

• Soutien aux professeurs. Les équipes "valeurs de la République", qui permettent d’orienter et de conseiller les professeurs ou les chefs d’établissement confrontés à des difficultés, seront renforcées.

• Systématiser les signalements. "En cas d’atteinte grave aux valeurs de la République", les signalements aux procureurs, au nom de l'article 40 du code de procédure pénale, seront systématisés.


Justine FAURE

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