Armée française : un plan de deux milliards d'euros pour faire le plein de munitions en 2023

M.G avec AFP
Publié le 6 octobre 2022 à 16h49
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Source : Sujet TF1 Info

La France va consacrer deux milliards d'euros à la commande de munitions en 2023 pour ses forces armées, a annoncé mercredi Sébastien Lecornu.
C'est un tiers de plus que l'année passée, a-t-il souligné.

La France change son fusil d'épaule. Face à un contexte géopolitique particulièrement tendu, et avec une guerre en Ukraine qui  s'éternise, le gouvernement va procéder à des "adaptations" dans sa politique de défense. "Nous vous proposons une somme exceptionnelle de deux milliards d'euros pour les seules munitions pour nos forces armées [en 2023], c'est-à-dire 500 millions d'euros de plus que l'année 2022", a déclaré mercredi Sébastien Lecornu devant les députés de la commission de la Défense. C'est "60% de crédits en plus par rapport à 2019", met en avant le ministre des Armées, dans le cadre de la présentation du projet de budget 2023. 

Missiles, obus et munitions de petit calibre

Les commandes porteront notamment sur 200 missiles antichars MMP (missiles moyenne portée), 100 missiles anti-aériens SAMP-T (Sol-Air Moyenne Portée de nouvelle génération), près d'une centaine de missiles air-air Mica - équipant les Rafale et Mirage 2000 -, près de 700 bombes air-sol de 250, 500 et 1000 kg ou encore 10.000 obus de 155 mm pour les canons Caesar. Plus de 50 millions de munitions de petit calibre seront aussi commandées, a détaillé le ministère.

Pour rappel, dans un rapport publié en février dernier, des députés jugeaient "indispensable de reconstituer les stocks de munitions et de pièces pour permettre un entraînement de haute intensité" et estimaient le besoin de financement à 6 milliards d'euros.

5 milliards d'euros consacrés à l'entretien

Conformément à la Loi de programmation militaire (LPM 2019-2025), le budget des armées augmentera - cela doit aussi être le cas encore en 2024 et 2025 - de trois milliards d'euros en 2023 pour atteindre 43,9 milliards d'euros (hors pensions). Dans cette enveloppe, "il y a des choses qui étaient déjà prévues, il y a aussi des choses évidemment que nous avons choisi d'accélérer au regard de ce que nous connaissons sur le flanc oriental", précise l'exécutif. D'autres grands postes de dépense sont à noter. Le "maintien en condition opérationnelle" (MCO), c'est-à-dire l'entretien des matériels, essentiel pour assurer la disponibilité des équipements, bénéficiera d'une "enveloppe exceptionnelle de 5 milliards d'euros". De son côté, la modernisation de la dissuasion nucléaire mobilisera 5,6 milliards d'euros de crédits de paiement en 2023. 

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Interrogé par plusieurs députés sur l'impact de l'inflation sur la hausse budgétaire prévue en 2023, Sébastien Lecornu a admis que "l'inflation s'est toujours invitée dans la LPM (mais) cette marge d'inflation est nouvelle". Toutefois, a-t-il ajouté, "il y a des mécanismes qui permettent de traiter l'inflation", rappelle-t-il. "On estime les effets de l'inflation à un milliard d'euros sur l'ensemble de budget, on va vers un milliard d'euros de report de charges", a-t-il indiqué, en référence au report du paiement de factures à l'année suivante. "Globalement, nous amortissons les choses", conclut-il. 


M.G avec AFP

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