Assemblée nationale : Yaël Braun-Pivet confrontée à la difficile gestion des débats

par Justine FAURE
Publié le 12 octobre 2022 à 18h21
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Source : Sujet TF1 Info

Depuis la reprise des débats à l'Assemblée nationale, sa présidente, Yaël Braun-Pivet, doit gérer des débats houleux et des prises de parole parfois insultantes entre les différents groupes.
Alors, celle qui veut s'attacher à ce que les débats aient lieu "dans le respect des uns et des autres" distribue les sanctions à ceux qui y contreviennent.
Quitte à ce que cela lui soit reproché.

Dur dur de faire face à 577 députés agités. Mardi 11 octobre, en plus de gérer les invectives et le brouhaha habituels au sein de l'Hémicycle, Yaël Braun-Pivet a dû faire face au départ groupé des députés RN et a prononcé trois rappels à l'ordre, dont un avec inscription au procès-verbal, entraînant une sanction financière pour le député concerné. Mais sa gestion des débats, et notamment sa distribution des sanctions, sont critiqués.

Yaël Braun-Pivet a très tôt, mardi au cours des questions au gouvernement, rappelé quelle était sa ligne de conduite en la matière. "J'avais indiqué il y a une semaine que je souhaitais qu'à la reprise de la session, les comportements dans l'Hémicycle soient respectueux de l'institution, des autres collègues, des membres du gouvernement et de nos concitoyens", a-t-elle expliqué au moment de sanctionner d'un rappel à l'ordre avec inscription au procès-verbal le député RN Alexandre Loubet, qui avait traité de "lâche" le ministre de l'Economie

Après avoir sanctionné un autre député RN qui avait qualifié de "communautariste" le ministre de l'Education nationale, Pap Ndiaye, et face aux protestations de Marine Le Pen qui estimait que la liberté d'expression des parlementaires était bridée, la présidente avait de nouveau expliqué : "Les débats que nous avons dans cet hémicycle doivent être respectueux des parlementaires, du gouvernement et des citoyens qui nous ont élus. (...) Il est important dans une enceinte démocratique que la parole soit la plus libre possible dans le respect des uns et des autres."

C'est sûrement pour assurer cette égalité entre tous les parlementaires et rester droite dans sa ligne de conduite que Yaël Braun-Pivet a ensuite sanctionné la députée Renaissance Astrid Panosyan. "Vous avez utilisé à la tribune le mot 'xénophobe' à l'égard d'un parti politique, je venais de rappeler qu'il fallait avoir une attitude respectueuse les uns envers les autres", a-t-elle justifié. Un égalitarisme qui lui a valu les critiques de l'opposition, mais aussi de la majorité.

La gauche l'accuse de dédiaboliser le RN

La France insoumise a estimé que cette attitude contribuait à dédiaboliser le Rassemblement national. "Madame Braun-Pivet, transformer une qualification politique en insulte pour rappeler 'à l'ordre', c'est censurer les débats de l'Assemblée et banaliser l'extrême droite. Doublement inquiétant", a estimé Clémentine Autain (LFI). "Macron et sa caste sont devenus les tapis rouges de l’extrême droite", selon son collègue Louis Boyard. "Mais c’est quoi cette banalisation à marche forcée de l’extrême droite", a également tweeté le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.

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La sanction a également du mal à passer du côté de la majorité. "Si on est sanctionné à l’Assemblée nationale lorsqu’on dénonce l’ADN xénophobe vieux de 50 ans du Rassemblement national, bientôt on ne pourra plus dire que 2+2 = 4", a cinglé l'eurodéputée Renaissance Ilana Cicurel. "'Un parti de nature raciste et xénophobe'. Si Jacques Chirac, chef de l'État, pouvait qualifier le FN de cette manière, alors rien, ni personne, ne doit empêcher une députée de mettre les mots sur la réalité de l'extrême droite", a déclaré le président des jeunes avec Macron, Ambroise Méjean.


Justine FAURE

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