Budget : le gouvernement dégaine l'arme du 49.3

S'allier ou s'opposer à Emmanuel Macron, Les Républicains sont toujours divisés

J.F
Publié le 25 octobre 2022 à 16h42
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Source : Sujet TF1 Info

Depuis le début de la législature, Les Républicains peinent à se positionner d'un côté ou de l'autre de la majorité.
Quand Nicolas Sarkozy appelle de ses vœux un pacte politique, d'autres refusent de s'allier au macronisme.
Même leur président de groupe, qui assure se placer dans l'opposition, continuer de tendre la main au camp présidentiel.

Dans la configuration actuelle des rapports de force à l'Assemblée nationale, ils sont la variable d'ajustement de la majorité, et également de l'opposition. Les Républicains sont tantôt sollicités pour permettre au gouvernement de trouver une majorité absolue dans l'hémicycle, tantôt démarchés par les oppositions de gauche et d'extrême droite pour recueillir le nombre de voix suffisant pour faire adopter leurs motions de censure et faire tomber l'exécutif. Une position qui fait peser sur les épaules du parti de droite une grande responsabilité, si bien que ses membres ne regardent pas toujours dans la même direction.

Lundi à la tribune de l'Assemblée nationale, la prise de parole du président du groupe Olivier Marleix a bien résumé ce dilemme. Tout en s'inscrivant dans l'opposition, il a refusé de voter les motions de censure et a tendu la main à la majorité. Après avoir reproché à l'exécutif de ne pas assez écouter, et expliqué que selon lui démettre le gouvernement serait inutile, il a déclaré : "Oui il y a des majorités possibles dans cette Assemblée, le pays n'est pas condamné au blocage. N'essayez pas d'installer cette idée pour renvoyer la faute sur les autres." "Sur l'immigration, sur la sécurité, sur l'autorité de l'État, vous aurez une majorité à l'Assemblée nationale si vraiment vous passez de la parole aux actes", a-t-il ajouté, dans une main tendue. 

"On est sur une ligne de non-alignement, ni sur le RN ni sur Renaissance. Une ligne d'indépendance d'esprit en fonction de ce qui est proposé", a confirmé à Libération le député LR Thibault Bazin. 

D'autres sont plus fermes, à l'instar du patron des sénateurs et candidat à la présidence de LR Bruno Retailleau, qui refuse d'être considéré comme la béquille du camp présidentiel. "J'ai d'autres ambitions pour LR que d'en faire une simple béquille du macronisme. J'ai une ambition d'en faire l'instrument d'une reconquête nationale", a-t-il indiqué. 

Nicolas Sarkozy plaide pour un "accord politique" avec Macron

Dans les faits, au sein du groupe LR à l'Assemblée nationale, avoir une seule ligne de conduite est difficile. Le positionnement du groupe donne à ses membres une plus grande liberté que lors des précédentes législatures, liberté qu'ils n'hésitent pas à prendre. Pour qu'Emmanuel Macron puisse compter sur ces élus, l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy a enjoint il y a quelques jours son successeur à se tourner vers la droite "de façon plus franche" et de conclure avec elle "un accord politique". "Car la France est aujourd’hui majoritairement du côté du parti de l’autorité, de la fermeté, de la liberté. Appelez cela centre droit, centre, droite républicaine, peu importe : l’axe stratégique du pays se trouve clairement là", explique l'ancien chef de l'État. 

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Mais là encore, tout le monde n'est pas d'accord. Eric Ciotti, candidat à la présidence du parti, s'est dit lundi "totalement opposé" à un pacte avec le gouvernement. "Face à ce pouvoir qui arrive à son terme, Les Républicains doivent incarner une alternance responsable, sérieuse, crédible. Nous ne pouvons laisser les Français avoir à effectuer un choix inquiétant entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen", expliquait-il à l'Opinion.

Les Républicains pourraient reprendre très vite leur rôle central dans l'hémicycle et leur boussole à l'issue de l'examen du budget, lorsque seront notamment débattues la réforme des retraites ou le projet de loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur.


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