Interrogé par "Le Monde", entretien mis en ligne vendredi 5 avril, le Premier ministre, Gabriel Attal, a dit "assumer totalement" sa réforme de l'assurance chômage, annoncée fin mars sur TF1.
Le locataire de Matignon a vanté "une réforme d'activité et de prospérité", alors que le projet fait débat au sein même du camp présidentiel.

"Il y aura une réforme de l'assurance chômage en 2024." Alors qu'une partie de la majorité présidentielle s'inquiète de son projet de réforme de l'indemnisation des chômeurs, annoncé le 27 mars dernier au JT de 20H de TF1, craignant un effort mal réparti pour résorber les déficits, Gabriel Attal reste droit dans ses bottes. "J'assume totalement. J'ai été nommé pour agir", a affirmé le Premier ministre dans une interview accordée au Monde, mise en ligne vendredi 5 avril et réalisée la veille à Matignon. 

"Ce n'est pas une réforme d'économie, c'est une réforme d'activité et de prospérité", s'est-il défendu, plaidant le hasard si le projet a été annoncé au moment où les dépenses sociales sont dans le viseur de l'exécutif pour combler le déficit qui a dérapé à 5,5 % du PIB en 2023. 

Comme il l'avait déjà affirmé fin mars sur TF1, l'esprit de la réforme est de parvenir au plein emploi. "On est passé (depuis 2017, ndlr) de 9,6 % à 7,5 % de chômage", a répété Gabriel Attal. "Cette baisse historique, on ne l'a pas obtenue par magie. C'est le fruit de nos réformes, notamment de l'assurance chômage", déjà révisée deux fois depuis 2019. 

Je ne cherche pas à diviser les Français (...), plutôt à les rassembler.
Gabriel Attal, Premier ministre

"Je suis attaché à rester dans cette logique-là tout en faisant évoluer les paramètres", a assuré l'éphémère ministre de l'Éducation nationale, en réponse à un message sur X (ex-Twitter) de sa prédécesseure, Élisabeth Borne, évoquant les vertus de sa réforme contracyclique qu'elle a portée lorsqu'elle était en poste. D'ailleurs, selon lui, "la Banque de France anticipe un fort rebond économique en 2025, quand la réforme entrera pleinement en vigueur." 

Se disant "davantage tourné vers l'activité que vers l'inactivité", le chef du gouvernement, qui vise l'équilibre à long terme du modèle social français, a dit "entendre" les préoccupations des Français, en particulier "de la classe moyenne". "Il y a beaucoup de Français de classe moyenne qui travaillent et qui se disent 'je fais beaucoup d'efforts, je finance par mon travail un modèle qui permet parfois à certains de ne pas travailler. Or, si on travaillait tous, on n'aurait pas d'effort supplémentaire à me demander'."

"Je ne cherche pas à diviser les Français, je cherche plutôt à les rassembler. Et je crois que le travail fait partie des valeurs qui rassemblent largement les Français", a conclu Gabriel Attal, évoquant "un risque de rupture de confiance".


Y.R.

Tout
TF1 Info