Le Parquet national antiterroriste ne s'est pas saisi de l'enquête sur l'assassinat de trois Kurdes vendredi dernier à Paris.
C'est ce que réclame la communauté kurde, qui bénéficie en ce sens du soutien de La France insoumise.

Ce mercredi, le Parquet national antiterroriste (Pnat) ne s'est pas saisi de l'enquête sur l'assassinat de trois Kurdes vendredi 23 décembre à Paris. Les motivations racistes de l'auteur des faits n'ont pas été adossées à une idéologie suprémaciste et l'information judiciaire a été confiée à un juge d'instruction du pôle général du tribunal de Paris. Pourtant, la communauté kurde, soutenue par La France insoumise, continue d'assurer que cet assassinat était un acte terroriste et de réclamer sa qualification comme tel.

"On est face à une situation qui relève, pour moi, d'un attentat", a de nouveau affirmé la députée LFI de Paris Danielle Simonnet ce mercredi sur franceinfo. "Selon l'enquête, pour l'instant, on parle de crime raciste, mais excusez-moi il y a quand même des terribles coïncidences", a-t-elle déclaré, expliquant que les femmes kurdes devaient se réunir rue d'Enghien dix ans après l'assassinat de trois d'entre elles au moment des faits, et que le tueur avait été déposé en voiture par un tiers sur les lieux du crime. "Quelle est la qualification d'un crime raciste qui ne s'attaquerait qu'aux kurdes ? (...) Nous demandons la levée du secret défense sur le triple féminicide, et que sur cette enquête justice soit rendue et qu'ils aillent jusqu'au bout, qu'ils n'évacuent pas la question terroriste", a-t-elle ajouté.

Lundi dans un billet publié sur son blog, l'ancien candidat insoumis à l'élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon disait lui aussi ne pas croire au "hasard" et réclamait une saisine du parquet antiterroriste. "Nous ne croyons pas que l'assassin se soit rendu par hasard au lieu et à l'heure d'une réunion des femmes kurdes pour préparer la commémoration de l'assassinat il y a dix ans des trois dirigeantes kurdes", écrivait-il. "Évidemment, on ne peut rien envisager sans penser à la Turquie", poursuivait-il, trouvant "curieux (...) tout ce qui a suivi" depuis la libération de l'auteur présumé "jusqu'à son armement clandestin en douze jours"

La communauté kurde y voit aussi la main de la Turquie

De nombreux Kurdes refusent de croire à la version d'un tireur aux motivations racistes, dénoncent un acte "terroriste" et mettent en cause la Turquie. "Il est inadmissible que le caractère terroriste ne soit pas retenu", a considéré dès vendredi Agit Polat, porte-parole du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F). "Le fait que nos associations soient prises pour cible relève d'un caractère terroriste et politique", a-t-il estimé. 

Pourquoi le Pnat ne s'est-il pas saisi de l'enquête ? "Le code pénal définit les actes terroristes comme ceux commis intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur", a-t-il rappelé auprès de l'AFP. Pour que le Pnat se saisisse, il faut "caractériser chez l'auteur des faits une intention spécifique qui est celle d'adhérer à une entreprise terroriste", a-t-il précisé. "Ce ne sont donc pas les conséquences d'un acte qu'il faut analyser mais l'intention de son auteur, le but qu'il a poursuivi". Les investigations se poursuivent et il n'est pas exclu que les faits soient requalifiés en assassinats terroristes si des éléments accréditant cette piste apparaissent au fil de l'information judiciaire.


J.F

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