L'Élysée a annoncé la prochaine panthéonisation de Missak Manouchian.
Avant lui, Emmanuel Macron avait choisi de faire entrer au Panthéon trois autres figures.
Car sous la Ve République, seul le président a ce pouvoir de décision.

"Missak Manouchian porte une part de notre grandeur". Dans un communiqué, l'Élysée a annoncé la prochaine panthéonisation du résistant arménien, accompagné de son épouse, Mélinée, résistante d'origine arménienne comme lui. Avant le couple, le président de la République, seul décisionnaire de cet hommage sous la Ve République, avait déjà décidé de panthéoniser trois autres personnes. Retour sur ces trois figures.

Simone Veil, le 1er juillet 2018

Cinq jours seulement après sa mort, survenue le 30 juin 2017, Emmanuel Macron annonce la panthéonisation de Simone Veil, figure de la vie politique française et européenne, et rescapée d'Auschwitz. Elle entre au Panthéon au côté de son mari, Antoine, la famille ne souhaitant pas qu'ils soient séparés. Un cas de figure qui s'était déjà présenté en 1907, avec la première femme panthéonisée, Sophie Berthelot, simple conjointe de son illustre époux, Marcelin.

"Nous avons voulu que Simone Veil entre au Panthéon sans attendre le passage des générations pour que ses combats, sa dignité, son espérance restent une boussole dans les temps troublés que nous traversons", avait déclaré Emmanuel Macron dans son discours d'accueil le 1er juillet 2018. Avec elle, insiste-t-il, "c'est la mémoire de 78.500 juifs et tziganes déportés de France qui entre et vivra en ces lieux".

Maurice Genevoix, le 11 novembre 2020

40 ans après sa mort, l'écrivain et ancien Poilu, chroniqueur de l'horreur des tranchées de la Première Guerre mondiale, Maurice Genevoix a été accueilli au Panthéon le 11 novembre 2020, soit 102 ans jour pour jour après l'Armistice de 1918. La cérémonie a lieu en plein nouveau confinement lié à l'épidémie de Covid-19. "Ils sont là, ceux de 14", qui "arrivent par millions pour entrer sous le dôme" de ce "temple des héros de notre patrie", lance le chef de l'État en saluant "un destin républicain" et "une existence française". Avec cette figure, le locataire de l'Élysée assure par ailleurs honorer "tous ceux de 14", ces "héros ordinaires".

Joséphine Baker, le 30 novembre 2011

La star du music-hall, résistante et militante antiraciste franco-américaine Joséphine Baker est la première personnalité noire et la première artiste à rejoindre le Panthéon. Elle est également la 6e femme seulement, sur 81 occupants. Émancipation, droits des femmes, droits civiques, elle est présentée comme l'incarnation des combats du XXe siècle.

"Ma France, c'est Joséphine", salue Emmanuel Macron. "Sa cause était l'universalisme, l'unité du genre humain. L'égalité de tous avec l'identité de chacun. L'hospitalité pour toutes les différences réunies par une même volonté, une même dignité. L'émancipation contre l'assignation". C'est un cercueil vide qui pénètre sous la coupole du Panthéon, sa dépouille étant restée dans le caveau familial à Monaco.

D'autres noms ont circulé depuis l'arrivée à l'Élysée d'Emmanuel Macron en 2017 mais ils ont fait débat, voire suscité des polémiques. C'est le cas, dernièrement, de l'avocate Gisèle Halimi, figure du féminisme et de l'anticolonialisme mais jugée moins consensuelle que Joséphine Baker.

En 2021, malgré une pétition en ce sens, Emmanuel Macron rejette l'idée d'accueillir le poète maudit Arthur Rimbaud au Panthéon, respectant ainsi l'opposition de sa famille qui ne souhaitait pas son entrée conjointe avec Paul Verlaine, un temps son amant.


A. Lo. avec AFP

Tout
TF1 Info