La Cour suprême révoque le droit à l'avortement, ouvrant la voie à son interdiction

Après le revirement américain, Elisabeth Borne soutient la proposition des députés visant à inscrire l'IVG dans la Constitution

Benoit Leroy (avec AFP)
Publié le 25 juin 2022 à 10h12, mis à jour le 25 juin 2022 à 12h43
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Source : TF1 Info

Vendredi 24 juin, la Cour suprême des États-Unis a décidé de révoquer le droit à l'avortement.
En France, plusieurs groupes politiques veulent inscrire le droit à l'IGV dans la Constitution.
Une proposition soutenue par la Première ministre Elisabeth Borne.

Renaissance et La France insoumise vers un (premier) accord symbolique ? Samedi 25 juin, la cheffe des députés Renaissance (ex-LaREM) Aurore Bergé a annoncé que son groupe allait déposer une proposition de loi visant à inscrire "le respect de l'IVG dans notre Constitution". Une déclaration faite au lendemain de celle de son homologue de La France insoumise, Mathilde Panot. Vendredi, celle-ci a appelé à "empêcher toute entrave [à ce] droit fondamental". Ces prises de position sont intervenues moins de 24 heures après la décision historique de la Cour suprême américaine de révoquer ce droit constitutionnel.

Lors du premier mandat d'Emmanuel Macron, Aurore Bergé - ex-LR et engagée sur les questions féministes -  avait vivement défendu l'allongement en France du délai légal de l'IVG, voté à la fin de la précédente législature. Aujourd'hui, elle assure craindre une remise en cause de ce droit. 

"Malheureusement, rien n'est impossible et les droits des femmes sont toujours des droits qui sont fragiles et qui sont régulièrement remis en cause", a-t-elle répondu sur France Inter. Et de poursuivre en s'attaquant directement aux élus du Rassemblement national, "des opposants farouches à l'accès des femmes à l'IVG". Elle a jugé qu'il ne fallait "prendre aucun risque en la matière et donc sécuriser (le droit à l'IVG) en l'inscrivant dans le marbre de notre Constitution"

Une proposition rapidement soutenue par la Première ministre Elisabeth Borne, qui a annoncé, ce samedi sur Twitter, que le "gouvernement soutiendra avec force" la proposition de loi déposée par la députée Aurore Bergé afin de d'inscrire "le respect de l'IVG dans notre Constitution" en France. "Pour toutes les femmes, pour les droits de l’Homme, nous devons graver cet acquis dans le marbre. Le Parlement doit pouvoir se retrouver très largement autour de ce texte", a-t-elle appelé.

Une majorité de circonstance ?

Hormis l'extrême droite, tous les bancs politiques se sont insurgés contre l'interdiction de l'avortement aux États-Unis et ont appelé à protéger ce droit. Emmanuel Macron a qualifié l'avortement de "droit fondamental pour toutes les femmes", en appelant à "le protéger". Même réaction chez le patron des députés socialistes, Boris Vallaud : "Rien n'est acquis : ne jamais rien lâcher pour le droit à l'IVG et à disposer librement de son corps, pour toutes". À droite, Valérie Pécresse a indiqué "qu'interrompre sa grossesse est un droit fondamental et intime qui appartient à chaque femme".

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Le projet de loi visant à inscrire le respect de l'IVG dans la Constitution pourrait donc recueillir une majorité de votes à l'Assemblée nationale. À eux deux, la coalition présidentielle et la Nupes réunissent en effet 376 députés. Mais pour que le texte soit adopté, il faut réunir la majorité des trois cinquièmes du Congrès : Assemblée nationale et Sénat. Ainsi, au moins 555 parlementaires doivent voter un tel texte pour qu'il soit inscrit dans la Constitution. 


Benoit Leroy (avec AFP)

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