L'épineuse question des violences policières

"Beauvau de la sécurité" : les syndicats de police Alliance et Unsa refusent d’y participer

IN avec AFP
Publié le 15 décembre 2020 à 11h56, mis à jour le 15 décembre 2020 à 12h41
JT Perso

Source : TF1 Info

REFUS - Le "Beauvau de la sécurité", qui doit se tenir en janvier 2021, se déroulera sans le syndicat Alliance, a annoncé son secrétaire général. "En l'état actuel des choses", l'Unsa Police n'y participera pas non plus.

Ce sera sans eux. Le syndicat Alliance, majoritaire chez les gardiens de la paix, a écrit lundi au président de la République pour lui signifier son refus de participer au "Beauvau de la sécurité", concertation sur la police annoncée par Emmanuel Macron pour janvier 2021. "Un énième séminaire sans mesure concrète au préalable serait jugé indécent", écrit dans ce courrier transmis ce mardi à l'AFP, Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat, en listant une série de demandes.

En pleine polémique sur les "violences policières", Emmanuel Macron avait annoncé le 8 décembre la tenue à partir de janvier d'un "Beauvau de la sécurité" afin d'"améliorer les conditions d'exercice" des forces de l'ordre et "consolider" leurs liens avec les Français. Posant ses conditions, le syndicat Alliance réclame notamment, en préalable, une "peine minimale incompressible pour les agresseurs de policiers", le "floutage" des policiers filmés et des "mesures sociales", dont la gratuité des transports.

L'Unsa Police met également des conditions à sa participation

"Vos propos sur les policiers sous-entendant que nos collègues seraient racistes ou violents, ont suscité un vif émoi, une colère jamais atteinte", ajoute le syndicat, en référence aux déclarations du chef de l'État au média en ligne Brut le 4 décembre sur l'existence de contrôles au faciès. "Quand on a une couleur de peau qui n'est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé", avait affirmé Emmanuel Macron. "On est identifié comme un facteur de problème et c'est insoutenable". "Nous vous informons donc, qu'à l'heure où je vous écris, nous ne participerons pas au 'Beauvau de la Sécurité' car les conditions pour y travailler sereinement ne sont pas réunies", écrit en réponse le secrétaire général d'Alliance.

Dans un communiqué, l'Unsa, un autre syndicat de policiers, met également des conditions à sa participation au "Beauvau de la sécurité". "L'Unsa Police attend des réponses tangibles sur des sujets déjà abordés", explique le syndicat, en rappelant les engagements pris par Emmanuel Macron lors de sa rencontre le 15 octobre avec les représentants syndicaux des policiers. "En l'état actuel des choses, l'Unsa Police ne participera pas" non plus à ce "Grenelle de la police". "Les fonctionnaires de police ne se contenteront pas d'une énième réunion."

Depuis l'interview du président de la République à Brut, des rassemblements de policiers ont eu lieu dans plusieurs villes de France. Lundi soir, une centaine d'entre eux s'est rassemblée devant l'Arc de Triomphe à Paris. Plus tôt lundi matin, 130 policiers grenoblois avaient déposé en préfecture des demandes de ruptures conventionnelles pour protester contre le "lâchage" présidentiel de la police. Les syndicats de police doivent être reçus vendredi 18 décembre par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, première étape avant la tenue du "Beauvau de la sécurité".


IN avec AFP

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