Après la présidentielle suivront les élections législatives, les 12 et 19 juin prochains.
Union à gauche, désunion à droite, candidats surprises... Quelles questions restent en suspens avant le scrutin, qui s'annonce décisif ?

A peine le second tour de l'élection présidentielle terminé, s'ouvrira la campagne pour les législatives. Les 12 et 19 juin prochains, les Français seront de nouveau appelés aux urnes pour renouveler l'Assemblée nationale, et choisir de donner ou non une majorité au nouveau ou à la nouvelle président(e) de la République. Mais à sept semaines de l'échéance, beaucoup d'inconnues demeurent encore sur ce scrutin. Voici lesquelles.

Quelle union à gauche ?

Jean-Luc Mélenchon a raté de peu la qualification pour le second tour de l’élection présidentielle. Alors il est persuadé que si la gauche s’unit, il peut obtenir la majorité à l’Assemblée nationale en juin prochain et devenir Premier ministre. En revanche, l’union ne pourra se faire que derrière lui, a-t-il prévenu, fort de ses bons résultats le 10 avril dernier. EELV et le PCF ont accepté de négocier, et ont déjà entamé leurs discussions avec La France insoumise. Outre un programme commun, il faudra s’entendre sur le nombre de circonscriptions qui incombe à chaque allié. Un chantier ardu, même si LFI est disposé à ce que ses partenaires aient les moyens d’obtenir un groupe à l’Assemblée. 

En revanche, le PS est toujours tenu à l’écart, malgré le vote d’une majorité en Conseil national mardi dernier pour ouvrir le dialogue avec les insoumis. Ces derniers attendent encore des gages de leur part, alors que les socialistes se disent prêts à débattre de tout, y compris de la VIe République et de la retraite à 60 ans. 

Des divisions à droite ?

A droite, ces élections risquent de diviser encore un peu plus les Républicains, déjà déchirés sur les consignes de vote pour le second tour. Officiellement, la position du parti est de ne donner aucune voix à Marine Le Pen. Mais pour autant, il n’a pas appelé à voter pour Emmanuel Macron, et a réaffirmé au lendemain du premier tour que "Les Républicains ne sont fongibles ni dans le macronisme, ni dans le lepénisme". Pourtant, certains ont clairement appelé à voter en faveur du chef de l’Etat, et à participer au "grand rassemblement" qu’il appelle de ses vœux, à l’instar du trésorier du parti Daniel Fasquelle ce vendredi. Ce qui a par exemple poussé le député du Vaucluse Julien Aubert à avertir : "Les candidats LR aux législatives qui s’engagent dans une coalition de soutien à Emmanuel Macron doivent être débarqués immédiatement et des candidats LR investis contre eux". Le parti devrait aborder ces questions mardi prochain, lors d'un comité stratégique qui se tiendra deux jours après le second tour. 

Le parti d'Eric Zemmour sera-t-il représenté dans l'hémicycle ?

Eric Zemmour transformera-t-il l’essai aux législatives ? L’ancien polémiste, arrivé 4e de l’élection présidentielle, réussira-t-il à faire élire des députés sous l’étiquette Reconquête ? Pour mettre toutes les chances de son côté, il a appelé de ses vœux une "grande coalition des droites et de tous les patriotes" pour "bâtir une majorité" "contre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon". "Je tends la main au Rassemblement national, aux Républicains qui refusent le macronisme et à Debout la France", a-t-il déclaré mardi dernier, sans confirmer s'il serait lui-même candidat. 

Des surprises parmi les candidats ?

Comme Eric Zemmour, plusieurs personnalités font toujours planer le doute sur leur participation ou non au scrutin. C’est également le cas de Jean-Luc Mélenchon, qui n'a pas indiqué s'il se représenterait ni où. François Hollande fait aussi durer le suspense, l’ancien président de la République ayant laissé entendre qu’il pourrait se présenter en Corrèze. 

L’inconnu pèse également sur quelques députés LaREM. Les novices élus en 2017 voudront-ils rempiler ? Certains ont déjà fait savoir que non, comme le député de Paris Hugues Renson, qui a indiqué que sa décision était "le fruit d’un doute sur la recomposition politique et le projet progressiste tels que je les avais envisagés, d’une inquiétude sur l’évolution de notre démocratie parlementaire, et une alerte, aussi, sur les dérives de notre système politico-médiatique".  

Les dernières élections législatives sans proportionnelle ?

Les critiques sur le mode de scrutin des élections législatives étant monnaie courante, sera-t-il différent la prochaine fois que les Français seront appelés aux urnes pour renouveler l'Assemblée nationale ? Les deux prétendants à l'Elysée se sont tous les deux prononcés en faveur de la proportionnelle. Emmanuel Macron a même assuré qu'il était favorable au vote à la proportionnelle intégrale. Ira-t-il jusqu'au bout s'il est élu, alors qu'en 2017 il s'était déjà engagé à intégrer une "dose de proportionnelle" ? Quant à Marine Le Pen, elle souhaite faire élire les 2/3 des députés à la proportionnelle, le tiers restant serait réservé à la "prime majoritaire", c'est-à-dire au parti arrivé en tête aux élections.


Justine FAURE

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