Bruel et la "fournée" : Jean-Marie Le Pen seul contre tous au FN

Le service METRONEWS
Publié le 8 juin 2014 à 14h11
Bruel et la "fournée" : Jean-Marie Le Pen seul contre tous au FN
L'essentiel

POLITIQUE – La remarque de Jean-Marie Le Pen invitant à faire "une fournée" avec Patrick Bruel suscite bien des remous au sein du parti d'extrême droite. Au point d'obliger Marine Le Pen à condamner le manque de prudence de son père.

Le prochain repas de famille s'annonce animé chez les Le Pen. Ce dimanche après-midi, la présidente du FN s'est démarquée de son père après la  sortie plus que limite  de ce dernier sur le chanteur Patrick Bruel. Dans le cadre d'un nouveau "Journal de bord", rendez-vous vidéo publié vendredi sur le site du parti, le président d'honneur du mouvement avait déclaré au sujet de l'interprète de "Place des grands hommes", et d'autres artistes opposés au Front national : "On fera une fournée la prochaine fois." Débusquée par Le Lab d'Europe 1 , la vidéo a, depuis, été supprimée du site du parti d'extrême droite.

Mais la polémique, elle, a enflé, obligeant, donc, Marine Le Pen à réagir. "Avec la très longue expérience qu'est celle de Jean-Marie Le Pen, ne pas avoir anticipé l'interprétation qui serait faite de cette formulation est une faute politique dont le Front national subit les conséquences", a-t-elle déclaré  au Figaro . Toutefois, la présidente du FN s'est bien gardée de condamner en tant que tels les propos de son père, insistant davantage sur son manque de prudence. "Je suis convaincue que le sens donné à ses propos relève d'une interprétation malveillante", préfère-t-elle évacuer, à destination des médias notamment.

Jean-Marie Le Pen ne regrette rien

En soirée, interrogé par BFM TV, Jean-Marie Le Pen n'a rien amendé à ses propos. Rejetant tout antisémitisme dans l'utilisation du mot "fournée", celui qui se présente en "homme libre" a estimé que "la dénonciation médiatique des prétendus dérapages fait partie de l'arsenal de combat des ennemis du Front national". Quant aux reproches formulées par sa fille : "Je ne lui réponds rien, ce que j'ai à dire, je le dirai au sein des instances du Front national", a balayé le finaliste de la présidentielle de 2002.

Plus tôt néanmoins, Florian Philippot ou Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen et n°2 du parti, avaient plus ouvertement condamné les propos du sulfureux patriarche. Ainsi, ce dernier avait affirmé dans Le Parisien ce dimanche que "si M. Le Pen a bien utilisé le terme de fournée, c'est une mauvaise phrase de plus. C'est stupide politiquement et consternant". Une réflexion qui n'a pas du tout plus au patriarche. Celui-ci n'a pas manqué de le faire savoir  sur France Info  : "Je vois une réaction de M. Aliot : s'il y a des gens de mon camp qui l'interprètent de cette manière, c'est que ce sont des imbéciles !"