Budget : le gouvernement dégaine l'arme du 49.3

Budget de la Sécu : la majorité a-t-elle aidé le gouvernement au recours rapide d'un nouveau 49.3 ?

Publié le 21 octobre 2022 à 13h10
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Elisabeth Borne a déclenché un nouveau 49.3 jeudi soir, sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS).
Avant cela, la majorité essuyait revers sur revers sur ce nouveau texte de budget, notamment en raison du peu de députés Renaissance présents dans l'hémicycle.
Une stratégie mise en place par le camp présidentiel pour justifier un nouvel usage rapide du 49.3 ?

Entre 40 et 50 députés Renaissance ont pris part, jeudi soir, aux votes sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Ils étaient moins nombreux que les députés du Rassemblement national, qui ne comptent pourtant que 89 membres, contre 170 pour celui du camp présidentiel. Si bien que les deux premières parties du PLFSS qui en compte quatre ont été rejetées, le ministre des Comptes publics Gabriel Attal s'élevant alors contre "une opposition pavlovienne" aux projets de budget et contre des "postures". Mais tout cela n'était-il qu'un acte d'une pièce de théâtre répétée en coulisses ? 

C'est ce que laisse sous-entendre l'opposition. Selon elle, la majorité s'est organisée pour être en sous-effectif dans l'hémicycle et pester contre une opposition contre-productive qui ne veut pas jouer le jeu de la discussion et des compromis, pour justifier l'usage rapide d'un 49.3. Car quand pour le premier 49.3 dégainé mercredi le gouvernement avait attendu et laissé vivre les débats plus d'une semaine, il l'a fait après seulement quelques heures ce jeudi.

 "Bergé a organisé la pénurie, elle a prévenu ses députés en leur disant ‘partez, ça ne durera pas’ et Attal a joué le jeu en faisant mine de s’indigner face au comportement des oppositions", a indiqué à Politico une source présentée comme "un fin connaisseur du terrain parlementaire". "Il y avait moins de pression sur l’assiduité", leur a également confié un député.

La majorité se défend de tout "stratagème machiavélique"

Auprès de TF1info, les parlementaires Renaissance démentent avoir reçu des consignes de vote. En revanche, ils confirment qu'ils ont été nombreux à rejoindre leur circonscription. "Je dois continuer à parler aux habitants de mon territoire", a reconnu un député absent de l'Assemblée nationale ces derniers jours. Aussi selon ce dernier, il est plus facile pour le Rassemblement national et la Nupes d'être présents dans l'hémicycle, car leurs députés sont plus majoritairement élus dans des circonscriptions limitrophes à Paris.

"Les rendez-vous en circonscription ont peut-être été privilégiés sur la présence en séance, car nous peinons à y honorer nos engagements", a confié une autre parlementaire Renaissance à TF1info. Présente elle aux débats et aux votes de ce jeudi, elle "déplore les rangs dégarnis" de la majorité mais se défend de tout "stratagème machiavélique"

"Mardi en réunion de groupe, il a été explicitement dit à la Première ministre que nous avions démontré notre capacité à débattre avec les oppositions sur le projet de loi de finances, mais qu'il ne fallait pas faire durer le plaisir sur les autres textes budgétaires au regard du blocage systématique" des oppositions, a indiqué une autre députée à TF1info. 

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Il y a quelques jours en effet, certains députés de la majorité se plaignaient d'être trop sollicités pour siéger. "Toutes les dix minutes, on reçoit un message pour nous dire qu'on doit être dans l'hémicycle. On n'a quasiment pas le droit d'aller aux toilettes", indiquait l'un d'eux à BFMTV. "On savait dès le début qu'on allait finir avec le 49.3. Et au lieu de s'épargner ça, on nous a demandé d'être là tous les jours de 9h à 3h du matin. Ce n'est pas possible. On est tous très dévoués mais on n'est pas Superman", avouait un autre. 

Les séances reprendront lundi prochain, avec l'étude des motions de censure LFI et RN suite au 49.3 déclenché mercredi par Elisabeth Borne.


Justine FAURE

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