Alors que Les Républicains ne disposent pas de cellule d'enquête contre les violences sexistes et sexuelles, le patron des sénateurs LR se dit prêt à réfléchir à la question.
Ses adversaires à la présidence du parti Eric Ciotti et Aurélien Pradié n'y sont pas favorables.
Du côté du Rassemblement national non plus, personne ne semble plaider en faveur d'une telle création.

Pionniers en la matière, tous les partis de gauche disposent d'une cellule d'enquête contre les violences sexistes et sexuelles. En revanche, ni le Rassemblement national ni Les Républicains ne sont dotés d'une telle instance, censée recueillir les signalements de victimes et mener les enquêtes pouvant mener à des mise en retrait ou des exclusions. Si celles qui existent à gauche sont critiquées ces derniers jours, sur leur efficacité ou leur lenteur, elles ont le mérite d'exister, ce qui n'est pas le cas dans les partis de droite. Jusqu'à quand ? 

Chez Les Républicains, une prise de conscience est-elle en train de s'opérer ? Le président du groupe LR au Sénat et candidat à la présidence du parti Bruno Retailleau a assuré jeudi être "favorable" à la création d'une cellule d'écoute pour traiter les cas de violences contre les femmes au sein du parti. "Il y a un rôle d'exemplarité des partis politiques et il faut prendre en charge cette question, il faut être implacable. Une cellule, moi j'y suis favorable sans pour autant préjuger des choses", a-t-il déclaré.

Plaidant pour que "chaque parti politique fasse le ménage" sans "se substituer à la justice", il a estimé qu'"il faudra s'atteler à cette question-là". "Il faudra bien entendu que demain, il puisse y avoir une organisation qui permettent d'écouter, de recevoir" la parole des femmes au sein des Républicains, a-t-il ajouté.

Pradié pour une "juridiction spécialisée"

En revanche, ses concurrents à la présidence du parti ne sont pas de cet avis. Interrogé sur Sud Radio, le député Aurélien Pradié a dénoncé "tout un tas de bidules, de cellules d'écoute etc" mis en place à gauche contre les violences faites aux femmes. "J'ai toujours dit que ça ne marcherait pas (...), d'ailleurs parfois, ça a même retardé la prise de conscience de l'extérieur", a-t-il insisté. Pour lui, "c'est à la justice de trancher", si possible par le biais d'une "juridiction spécialisée". "S'il y avait cette juridiction, la justice aurait été saisie et, en l'espace de quelques jours, elle aurait statué comme ça se fait en Espagne", a-t-il estimé. 

Quant à Eric Ciotti, il croit "que c'est à la justice de faire son travail", a-t-il estimé sur France 5. "On est dans un monde politique où la calomnie, la dénonciation, la compétition […] doivent appeler à la vigilance."

Ce n'est pas aux partis politiques de s'autogérer et de se faire justice eux-mêmes."
Jordan Bardella

Au Rassemblement national, le président par intérim Jordan Bardella juge inutiles ces cellules. "Je pense que ce n'est pas aux partis politiques de s'autogérer et de se faire justice eux-mêmes. Les partis politiques ne sont pas des astres à part qui se gouvernent selon des lois différentes." "En tant que président du mouvement, si j'ai connaissance d'un tel témoignage, j'inciterais - avec la plus grande force - à ce que ce témoignage soit porté devant la justice et que la justice de notre pays fasse son travail", a-t-il déclaré sur franceinfo.

Mardi, le leader communiste Fabien Roussel avait appelé tous les partis politiques à réfléchir ensemble à un "cadre de règles" internes pour traiter les violences faites aux femmes. Selon lui, "on a besoin d'avoir un cadre, des règles, qui nous permet de savoir comment on agit", avouant des réserves sur les confessions télévisées de Sandrine Rousseau sur l'ex-compagne de Julien Bayou. "Il y a une vraie difficulté, c'est que nous sommes amenés à faire la justice sans être la justice, j'appelle sincèrement à ce que l'on puisse y réfléchir collectivement, à créer un cadre pour ça, avec peut-être une justice spécialisée."


Justine FAURE

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