Le gouvernement Borne II

"Ces gens-là" : une centaine de personnalités dénoncent le maintien de la ministre Caroline Cayeux

Samuel Azemard
Publié le 16 juillet 2022 à 22h16, mis à jour le 16 juillet 2022 à 22h43
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Source : TF1 Info

Dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, une centaine d'élus de tous horizons réclament le départ de Caroline Cayeux.
La ministre chargée des Collectivités territoriales est en difficulté suite à des propos homophobes tenus en 2013.
En début de semaine, Caroline Cayeux a maintenu ses propos, provoquant de vives réactions.

"Comment accepter qu'un membre de l'exécutif, dont le premier rôle est d'assurer l'application des lois, puisse qualifier de 'ces gens-là' des citoyens français ?" Ce week-end dans le Journal du Dimanche, une centaine d'élus, y compris de la majorité, ont décidé de publier une tribune. Ils affirment ne pas se reconnaître dans les propos tenus par Caroline Cayeux, ministre des Collectivités territoriales, en 2013. Elle avait alors critiqué l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, estimant cette réforme "contre-nature" et la qualifiant de "caprice"

Neuf ans plus tard, la ministre a ouvertement assumé ses propos sur le plateau de Public Sénat. "Je maintiens évidemment mes propos, mais j'ai toujours dit que la loi, si elle était votée, je l'appliquerais", a-t-elle affirmé.

À gauche, comme à droite, les élus dénoncent ces propos

Les propos de Caroline Cayeux, "meurtrissent personnellement" beaucoup de signataires de cette tribune parue dans le Journal du Dimanche. Parmi eux, on retrouve notamment des élus de la majorité présidentielle et d'anciens ministres comme par exemple Manuel Valls. Les députés de Renaissance!, Joël Giraud, David Valence, Raphaël Gérard, Quentin Bataillon, ont signé cette tribune. Ambroise Méjean, président des Jeunes avec Macron, est également l'un des signataires. La publication rappelle que les propos de la ministre sont "certainement répréhensibles" et que "seul un juge devrait en décider."

Des élus de différents bords sont également signataires. On trouve les maires de Paris Centre Ariel Weil (PS), du 5e arrondissement Florence Berthout (DVD), du 6e arrondissement Jean-Pierre Lecoq (LR) et du 9e arrondissement Delphine Bürkli (Horizons), ou encore la première adjointe au maire de Marseille Michèle Rubirola (EELV).

Un devoir de solidarité remis en question

Face au tollé, Caroline Cayeux avait rétropédalé jeudi soir dans Le Parisien, en rappelant que les propos, qu'elle juge désormais "stupides et maladroits", "remontent à dix ans". "Et si je ne peux nier les avoir tenus, évidemment que je ne les utiliserais plus et les regrette", avait-elle ajouté, en présentant ses "excuses les plus sincères".

Pour les signataires de cette tribune, les excuses ne sont pas suffisantes. "La question n’est pas de savoir si cette nouvelle ministre a, dans son entourage, des amis parmi 'ces gens-là', comme un masque sur ses préjugés", expliquent-ils. Pour eux, la ministre a "choisi délibérément de maintenir des propos homophobes." 

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Ces élus questionnent également le devoir de solidarité du gouvernement. "En revanche, la question est de savoir si le gouvernement, dans son devoir de solidarité, valide la position d’un de ses membres, et si la majorité souscrit à son attitude" écrivent-ils. Certains se sont déjà désolidarisés à l'instar de Clément Beaune lors d'une interview sur LCI.

Plusieurs associations ont annoncé mercredi avoir déposé plainte à Paris pour "injure publique envers un groupe de personnes en raison de leur orientation sexuelle par une personne dépositaire de l'autorité publique".


Samuel Azemard

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