Ce 2 septembre, il y a vingt ans jour pour jour, Jacques Chirac prononçait sa très célèbre phrase : "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs".
Une formule qui n'est pas de lui, mais de l'historien des sciences de l’environnement Jean-Paul Deléage.

La phrase est culte, et elle a été prononcée il y a vingt ans jour pour jour. Le 2 septembre 2002, au sommet de la Terre de Johannesburg, le président français en exercice, Jacques Chirac, prononce un discours resté dans les annales. "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs", déclarait-il. "La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer, et nous refusons de l'admettre. L'humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au Nord comme au Sud, et nous sommes indifférents. La Terre et l'humanité sont en péril, et nous en sommes tous responsables", poursuivait-il.

Un écho aux récents propos d'Emmanuel Macron sur la "fin de l'abondance", que ce soit "des liquidités", "des produits de technologie", des matières premières ou de l'eau, dans un contexte de crise internationale et climatique. En cette rentrée, le gouvernement a fait de l'écologie et de la sobriété énergétique ses deux objectifs principaux. 

"Le changement climatique, il est engagé du fait de l’activité humaine. Il nous menace d’une tragédie planétaire. Il n’est plus temps de jouer chacun pour soi", avait également alerté Jacques Chirac. "Le changement climatique est encore réversible. Lourde serait la responsabilité de ceux qui refuseraient de le combattre", ajoutait celui qui au cours du sommet avait réclamé l'établissement d'une taxe mondiale sur les transactions financières pour venir en aide aux pays émergents.

Une punchline souvent reprise

La formule restée dans l'histoire n'a pas été écrite par Jacques Chirac ou son conseiller sur le sujet, mais par l'historien des sciences de l’environnement Jean-Paul Deléage. "Ce discours était très bien : il avait du sens et je pense qu’il était l’émanation d’une profonde implication de Chirac dans ces problèmes", a raconté ce dernier à Reporterre. "En revanche, il manquait une ou deux phrases qui puissent marquer les esprits… C’est là que j’ai suggéré quelques ajouts, dont la formule 'Notre maison brûle et nous regardons ailleurs'." 

La formule a très souvent été reprise depuis, notamment par Emmanuel Macron. "Notre maison brûle. Littéralement. L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu", tweetait-il le 22 août 2019 alors que d'immenses incendies ravageaient la forêt sud-américaine. L'activiste Greta Thunberg se l'est également appropriée. En 2020 devant la Commission européenne, elle se montrait très critique face à une loi climatique proposée par l'UE visant des émissions neutres d'ici 2050. "Quand votre maison brûle, vous n'attendez pas quelques années pour commencer à éteindre l'incendie. Et pourtant, c'est ce que la Commission européenne propose aujourd'hui."


Justine FAURE

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