Élection présidentielle 2022

"Macron a fait des choses pour la chasse qu'aucun président n'a fait", estime le patron des chasseurs Willy Schraen

La rédaction de LCI
Publié le 1 novembre 2021 à 12h44
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Source : TF1 Info

CHASSE - Invité de Sud Radio, lundi 1er novembre, Willy Schraen, le président de la puissante Fédération nationale des chasseurs, a salué le "bon bilan" d'Emmanuel Macron. Un électorat que l'actuel chef de l'État cajole depuis sa campagne de 2017.

C'est un électorat qu'Emmanuel Macron prend le temps de débusquer. "Il a fait des choses pour la chasse qu'aucun président n'avait fait jusqu'à présent", a affirmé Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), au micro de Sud Radio, lundi 1er novembre. Le patron des chasseurs s'est dit satisfait du quinquennat en cours. "On a plutôt un bon bilan avec Macron, plutôt un mauvais bilan avec sa ministre de l'Écologie" Barbara Pompili, a-t-il ajouté. Un bon point pour le chef de l'État, en vue d'une potentielle candidature à sa réélection, le vote "chasseur" représentant un réservoir potentiel de voix.

Depuis 2017, le locataire de l'Élysée a créé une relation de confiance avec les chasseurs. Il n'a cessé de multiplier les gestes à leurs égards. Trois semaines avant la présidentielle, il avait passé haut la main le grand oral proposé à tous les candidats lors du congrès de la FNC. "On a eu le sentiment d'un rural qui parlait à d'autres ruraux", avait raconté à France Inter Willy Schraen, évoquant "les paroles fortes" de l'ex-ministre de l'Économie, que les chasseurs "n'avaient jamais entendues nulle part"

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Une proximité avec les chasseurs

Des "paroles" qu'ils avaient mis en musique, dès décembre, en participant à des tableaux de chasse au château de Chambord. Dans le livre-enquête Noël à Chambord (2019, éditions Grasset), la journaliste Emilie Lanez a raconté le week-end passé par Emmanuel Macron chez les chasseurs. "Pour la première fois depuis près d'un demi-siècle, un président de la République participe à un tableau de chasse, où le sang coule dans la terre, où la viande gèle", a-t-elle relaté. 

Au cours de ce séjour en Sologne, le "Pacte de Chambord" aurait été scellé. Selon l'auteure, cette entente aurait joué en faveur du président pendant la crise des Gilets jaunes. "Si je n'avais pas stoppé tout de suite, ils étaient 500.000 sur les ronds-points (...). J'ai beaucoup parlé, beaucoup écrit, mes gars, ils étaient tous Gilets jaunes", lui a confié Willy Schraen, président de la FNC.

Les chasseurs, ce n'est pas un lobby

Emmanuel Macron, président de la République

L'influence des lobbyistes pro-chasse auprès du président Macron aurait fini par convaincre Nicolas Hulot. Lassé par un an de "petits pas" en matière d'écologie, il avait annoncé quitter le ministère de la Transition écologique en août 2018, à l'issue d'une réunion à l'Élysée avec les représentants des chasseurs, à laquelle Thierry Coste, un lobbyiste non invité avait participé. 

Interpellé par Brut à ce sujet en décembre 2020, le chef de l'Etat avait réfuté le mot "lobby" pour qualifier les chasseurs. "Les chasseurs, ce n'est pas un lobby. (...) Les chasseurs, ce sont des millions de nos concitoyens qui pratiquent cette activité dans la ruralité, c'est une réalité", avait-il argué. "Quand je vois le président des chasseurs, ce n'est pas plus un lobby."

Des mesures en faveur de la chasse

Débarrassés de Nicolas Hulot, leur "bête noire", les chasseurs - et leurs relais - ont obtenu, comme l'avait promis le candidat Macron, que le prix du permis national de chasse soit divisé par deux, revenant à 200 euros par an, et l'extension de de l'autorisation de chasser certaines espèces. "Du clientélisme pathétique", dénoncé par Allain Bougrain-Dubourg, le président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), jugeant "indécent (...) ce cadeau (fait) aux chasseurs".

Ce "cadeau" a été toutefois contrebalancé avec l'interdiction de la très controversée chasse à la glu. Depuis, le gouvernement a envoyé des signaux positifs, avec des textes visant à réautoriser certaines pratiques de chasse d'oiseaux. Des arrêtés gouvernementaux finalement retoqués par le Conseil d'État, jugeant qu'ils contrevenaient au droit européen.

Un chasseur aime les animaux, il aime la nature

Emmanuel Macron, président de la République

Pas plus tard que le 4 octobre, lors d'une brève visite au refuge Saint-Adrien de la SPA, à Gray (Haute-Saône), Emmanuel Macron s'est mué en "ami" des chasseurs, au grand dam des associations de défense de la cause animale. "On oppose souvent les associations, qui sont importantes, qui se battent pour la cause animale et qui protègent les animaux, et de l'autre côté les éleveurs et les chasseurs. (...) On a trop tendance à opposer les mondes dans notre pays. Les chasseurs, ce sont des acteurs de la ruralité. Un chasseur, il aime son chien, il aime les animaux, il aime la nature, sinon il ne ferait pas de chasse."

Des chasses traditionnelles de nouveau interditesSource : JT 13h Semaine
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"Il y a plusieurs millions de chasseurs en France. Se les mettre à dos avant une élection présidentielle très compétitive n'est pas très bon", a expliqué à franceinfo le politologue Bruno Cautrès. En France, le nombre de chasseurs est estimé à 5 millions.


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