Le Premier ministre Gabriel Attal a confirmé jeudi 18 avril que les collégiens des zones d'éducation prioritaire pourront être accueillis "tous les jours de la semaine entre 8h et 18h".
Une mesure qui doit s'étendre progressivement année après année... loin de faire l'unanimité.

Les collégiens au collège toute la journée, voilà l'une des mesures portées par Gabriel Attal. En déplacement jeudi 18 avril à Viry-Châtillon (Essonne), le Premier ministre a souhaité "attaquer le mal à la racine" pour endiguer la violence chez les jeunes. Parmi la série d'idées mises sur la table, l'une d'elles a particulièrement retenu l'attention : son intention que les collégiens restent au sein de leur établissement scolaire chaque jour entre 8h et 18h, à l'instar des annonces d'Emmanuel Macron pour les zones prioritaires à l'été 2023.

"Nous veillerons à ce que les enfants soient accueillis à l'école, en continu, toute la journée", a ainsi affirmé Gabriel Attal. "Tous les collégiens seront scolarisés tous les jours de la semaine entre 8h et 18h, à commencer par les quartiers prioritaires et les réseaux d'éducation prioritaires." La raison ? Éviter que les jeunes ne soient livrés à eux-mêmes. "À 12 ans ou 13 ans, on n'a rien à faire dans la rue la journée", a martelé le chef du gouvernement. "La place est à l'école, à travailler et à apprendre."

"Un accueil" et non des cours

Immédiatement, plusieurs élus, notamment de gauche, se sont indignés face à l'idée que les collégiens restent au sein de leur établissement scolaire pendant dix heures, cinq jours par semaine. "J'ai cru à une blague", a ainsi écrit Stéphane Troussel (PS), président du département de Seine-Saint-Denis, sur X. "Remplacez déjà les professeurs absents dans les quartiers prioritaires !"

Le patron des socialistes, Olivier Faure, est du même avis. "Déjà, si on commençait par remplacer les professeurs absents...", a ainsi souligné le premier secrétaire du PS sur les réseaux sociaux. "C'est le gouvernement des effets de manche à air : ça indique le sens du vent, mais ça ne fait pas d'électricité." Plusieurs syndicats et collectifs ont également questionné le financement d'une telle mesure, mettant en avant les récentes suppressions de postes.

Invité jeudi soir sur BFMTV, Gabriel Attal a précisé les contours de sa mesure. "Pour la rentrée de septembre, nous allons faire le 8h-18h dans tous les collèges de quartiers politique de la ville", a-t-il promis. "Ensuite, nous allons chercher à étendre progressivement, année après année, cette politique. Il y aura un accueil pour les jeunes de 8h à 18h, cela a déjà commencé dans un certain nombre d'établissements."

Dix heures au collège, certes, mais pas dix heures de cours. "C'est un accueil proposé, avec des activités pour l'aide au devoir, des activités culturelles ou sportives...", a ainsi énuméré le Premier ministre, pour qui le dispositif a d'ores et déjà "des effets très bénéfiques". "C'est moins de temps passé dans la rue à ne rien faire, et une aide aux devoirs pour des élèves qui, souvent, n'ont pas la possibilité d'être aidés", a vanté Gabriel Attal. Pas sûr que cela suffise à convaincre les oppositions.


I.N

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