Commémoration de l'abolition de l'esclavage : Christiane Taubira fustige le "silence" d'Emmanuel Macron

F.R.
Publié le 11 mai 2021 à 6h38, mis à jour le 11 mai 2021 à 9h43
Emmanuel Macron lors de la commémoration de l'abolition de l'esclavage, le 10 mai 2021

Emmanuel Macron lors de la commémoration de l'abolition de l'esclavage, le 10 mai 2021

Source : IAN LANGSDON / POOL / AFP

POLÉMIQUE - L'ancienne garde des Sceaux a taclé l'absence de discours du chef de l'État lors de la cérémonie de la commémoration de l'abolition de l'esclavage, ce lundi 10 mai. "Il y a cinq jours, il faisait des gammes sur Napoléon Bonaparte", s'est-elle étonnée.

C'est, pour Christiane Taubira, un "silence édifiant". Lors de la cérémonie du 10 mai, journée nationale des mémoires, de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions,  et qui marquait cette année les 20 ans de la loi Taubira, qui a reconnu l'esclavage comme crime contre l'humanité, Emmanuel Macron a opté pour une commémoration sans discours.

Une sobriété qui a étonné l'ancienne députée de Guyane et garde des Sceaux, alors que le président, absent en 2020, avait tenu un discours le 10 mai de l'année précédente. “Un silence peut être solennel. Ceci étant, il est quand même édifiant de constater que le président de la République n’a rien trouvé à dire sur plus de deux siècles de l’Histoire de la France, alors qu’il y a cinq jours, il faisait des gammes sur Napoléon Bonaparte”, a fustigé Christiane Taubira, alors qu'Emmanuel Macron avait pris la parole, le 5 mai dernier, à l'occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon.

Cette histoire, ce n’est pas une histoire de poésie à quatre sous, avec des rimes sur l’empire et le pire, et l’empereur et le meilleur [...] c'est une histoire d’humanité

Christiane Taubira

"On a le droit d'avoir les fascinations qu'on veut. Ceci étant, lorsqu'on a le culte des héros, c'est une époque qui ne manque pas de figures héroïques", a rappelé l'ex-ministre de François Hollande, citant notamment Toussaint Louverture, Sanité Belair, le colonel Louis Delgrès, Solitude, Marthe-Rose Toto qui se "sont battus contre le rétablissement de l'esclavage et qu'ils y ont perdu leur vie"

“Cette histoire, ce n’est pas une histoire de poésie à quatre sous, avec des rimes sur l’empire et le pire, et l’empereur et le meilleur, c’est une histoire de vie et de mort, de sang et de canons, de plantations, de fortune, de commerce, de châteaux. C'est une histoire d’humanité”, a-t-elle insisté, avant de regrette : “effectivement, on peut ne rien avoir à dire sur cette histoire”.

"Un parallèle fâcheux" après le bicentenaire

D'autres voix se sont élevées pour dénoncer cette absence de discours du président, notamment l'historienne Myriam Cottias, directrice du Centre International de Recherches sur les esclavages et post-esclavages (CIRESC), qui a regretté sur Public Sénat le "silence" du président lundi, jugeant que "le parallèle était fâcheux, quelques jours après la commémoration de Napoléon".

STATUES CONTROVERSEES ESCLAVAGESource : Sujet JT LCI
JT Perso

En 2019, Emmanuel Macron avait affirmé que l'histoire de l'esclavage faisait partie de "notre Histoire" et a brièvement abordé le sujet lors de sa prise de parole pour le bicentenaire de la mort de Napoléon, estimant que la décision de l'empereur de rétablir l'esclavage en 1802 avait été une "trahison de l'esprit des Lumières".

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