Commission des finances : Eric Woerth refuse de démissionner, l'opposition quitte la salle

La rédaction de TF1info
Publié le 16 février 2022 à 15h50, mis à jour le 16 février 2022 à 17h07
Éric Woerth, président de la commission des finances à l'Assemblée Nationale.

Éric Woerth, président de la commission des finances à l'Assemblée Nationale.

Source : Bertrand GUAY / AFP

Passé de l'opposition à la majorité, Eric Woerth refuse de démissionner de la présidence de la commission des finances de l'Assemblée nationale, qui revient à un député de l'opposition.
Pour exprimer leur colère, les parlementaires de l'opposition ont quitté la commission, ce mercredi.

En se ralliant à Emmanuel Macron, l'ex-LR Eric Woerth est passé du camp de l'opposition à celui de la majorité. Un problème pour les membres de la commission des finances, dont il est président, qui l'appellent à démissionner, ce poste revenant de droit à un député d'opposition. Mais face au refus d'Eric Woerth de laisser son poste, ce mercredi 16 février, les élus de l'opposition ont décidé d'appliquer la politique de la chaise vide et de quitter la commission.

"Si le poste de président de la commission des finances à l’Assemblée nationale revient par le règlement à un député de l’opposition, c’est dans le cadre des droits de l’opposition que nous tenons à faire respecter", a rappelé Véronique Louwagie (LR). "Le règlement n’aborde pas cette situation inédite d’un député de l’opposition élu à la présidence et passant ensuite dans la majorité, mais vous connaissez très bien l’esprit du règlement. (...) Comment les Français pourront faire confiance à une commission des finances dont la présidence s’assoit sur un équilibre arrêté par un règlement ?", a-t-elle demandé.

"Lorsqu’on est représentant du peuple français, on se doit d’appliquer a minima les lois et le règlement de notre Assemblée", a ajouté la cheffe de file des députés socialistes, Valérie Rabault, lisant l'article 39 du règlement stipulant que "ne peut être élu à la présidence de la Commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire qu’un député appartenant à un groupe s’étant déclaré d’opposition". "Vous avez fait un choix politique qui vous appartient, vous devez en tirer les conséquences", a-t-elle estimé.

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Je ne démissionnerai pas. (...) C'est ainsi."

Eric Woerth

"Le règlement dit qu’on doit être membre d’un groupe d’opposition le jour de l’élection. Il y a eu quatre élections, j’ai été à chaque fois membre d’un groupe d’opposition. C’est d’ailleurs parce qu’il peut y avoir des changements qu’il y a un vote par an", a rappelé Eric Woerth, qui a également avancé comme argument le fait que la commission allait cesser de fonctionner dans une semaine, les travaux de l'Assemblée s'interrompant le dimanche 27 février. "Je ne démissionnerai pas, (…) c’est ainsi", a-t-il conclu. Les députés d'opposition ont alors quitté la salle, laissant la réunion se poursuivre en présence de la majorité autour de diverses auditions. 

Ce mercredi, les présidents des groupes de l'Assemblée nationale ont également réclamé à son président Richard Ferrand la démission d'Eric Woerth. "Nous, Groupes d’opposition, vous demandons de faire appliquer l’esprit du Règlement et de garantir les droits de l’opposition en faisant procéder à l’élection d’un nouveau Président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire. C’est une question de dignité et de respect de nos institutions comme des droits de l’opposition", écrivent Damien Abad (LR), Valérie Rabault (PS), André Chassaigne (Gauche démocrate et républicaine), Jean-Christophe Lagarde (UDI), Bertrand Plancher (Libertés et Territoires) et Mathilde Panot (LFI).


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