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Bernard Cazeneuve : "Une grande partie de la gauche s'est égarée"

FS
Publié le 30 décembre 2021 à 23h26
Bernard Cazeneuve : "Une grande partie de la gauche s'est égarée"

Source : THOMAS SAMSON / AFP

POLITIQUE- L'ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve estime qu'une "grande partie de la gauche s'est égarée". Il fustige aussi la complaisance de "certaines mouvances" à l'égard du communautarisme.

Ministre de l'Intérieur lors des attentats terroristes de janvier et novembre 2015, Bernard Cazeneuve a livré une violente charge, jeudi 30 décembre, contre ce qu'il estime être la dérive idéologique d'une partie de la gauche, "qui ne peut qu’aboutir à la disqualification de la gauche dans son ensemble"

Interviewé par la revue Le Droit de Vivre, celui qui fut aussi le dernier Premier ministre de François Hollande ne croit guère à une renaissance de la gauche si celle-ci n'opère pas une rupture nette avec les mouvances qui l'arrachent au "socle des combats de ses grands ancêtres".

"C’est là une forme de dégénérescence intellectuelle, politique et morale", estime Bernard Cazeneuve à propos de ce qu'il considère être l'abandon, par la gauche, de son "ancrage républicain". Redevenu avocat, l'ancien dirigeant socialiste a retrouvé une verve de prétoire et accuse "une partie de la gauche" de compromission avec ceux qui "contestent les orientations républicaines"

On court désespérément derrière des minorités comme après autant de clientèles

Bernard Cazeneuve

Interrogé sur les chances qu'aurait la gauche de triompher des "poussées populistes" qui l'auraient débordée par "l'extrême-gauche et l'extrême-droite", Bernard Cazeneuve pense qu'"elle n'y parviendra qu'en rompant nettement avec la ligne de la cancel culture, du wokisme, de la complaisance à l'égard du communautarisme, (...) qui sont incompatibles avec la conception que je me fais de la laïcité, de l'unité et de l'indivisibilité de la République"

Dans son viseur, le think-tank Terra Nova (même s'il ne le nomme pas), qui "avait théorisé l’idée que la disparition des classes populaires devait conduire à leur substituer les minorités comme autant de catégories de référence". C'est de ce dogme que serait né une forme de clientélisme de gauche : "On court désespérément derrière des minorités comme après autant de clientèles, (...) avec la préoccupation d’un bénéfice électoral à court terme".

Une hypothétique "union à gauche", portée par une possible candidature de Christiane Taubira ou par une primaire telle que la conçoit Anne Hidalgo, lui semblent hors d'atteinte, et sans doute pas souhaitables. "S'il n'y a pas de force", estime ainsi Bernard Cazeneuve, "il ne peut pas y avoir d'union. Lorsque tout est faiblesse, l'addition de particules insignifiantes aboutit inéluctablement à soustraire à de petits scores électoraux des scores plus petits encore." 


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