Comptes de campagne de Mélenchon en 2017 : le député LFI Bastien Lachaud mis en examen

La rédaction de LCI
Publié le 4 novembre 2021 à 15h35
Le député LFI Bastien Lachaud

Le député LFI Bastien Lachaud

Source : AFP

JUSTICE - Le député insoumis Bastien Lachaud a été mis en examen le 22 septembre, notamment pour des soupçons d'escroquerie dans l'enquête sur les comptes de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017. Le parti dénonce le calendrier judiciaire proche de la présidentielle 2022 et une "enquête vide".

Il était le trésorier de la campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2017. Ce qui vaut aujourd'hui à Bastien Lachaud d'être mis en examen dans l'enquête sur les comptes de campagne de l'insoumis à la dernière élection présidentielle, notamment pour des soupçons d'escroquerie. L'élu de Saint-Denis est poursuivi principalement pour "prêt illicite de main-d'œuvre, faux, escroquerie et tentative d'escroquerie"

Bastien Lachaud, salarié en tant que trésorier de l'Ère du peuple, aurait dû être, comme trois autres employés, dont la députée et cheffe du groupe insoumis à l'Assemblée Mathilde Panot, rémunérés par la campagne du candidat ou le parti, estime le juge d'instruction en charge du dossier. Mathilde Panot et Bastien Lachaud, devenus députés depuis, étaient en même temps membres de l'équipe de campagne. Une information judiciaire est ouverte au tribunal de Paris depuis novembre 2018 sur l'usage des fonds publics lors de la dernière campagne du chef de file des Insoumis.

"Mettre en examen un salarié d'une structure pour prêt illicite de main-d'œuvre, ce qui équivaut à dire que le salarié se serait lui-même prêté, c'est totalement absurde", a réagi Me Mathieu Croizet, avocat de Bastien Lachaud, auprès de l'AFP. "Le faux reproché n'est qu'un habillage de cette infraction qui n'existe pas", a-t-il ajouté, annonçant déposer prochainement une requête pour faire annuler les poursuites.

LFI dénonce "un calendrier [qui] ne doit rien au hasard"

Dans un communiqué, La France insoumise a dénoncé une "enquête vide" et a estimé que la "décision de mise en examen est absolument infondée et frise l’absurde". "Bastien Lachaud est mis en examen pour 'prêt illicite de main d’œuvre' alors même qu’il n’était pas le dirigeant de l’association, mais employé en CDI. N’importe quel juriste ou avocat expliquera qu’un employé ne peut pas être rendu coupable d’une telle faute puisqu’il est censé en être la victime", ajoute le communiqué, reprenant les arguments de Me Croizet. Enfin, LFI estime que le "calendrier ne doit rien au hasard : cette mise en examen intervient à 5 mois de l’élection présidentielle de 2022 alors que le démarrage de l’enquête date d’il y a plus de 36 mois"

Au printemps, l'association l'Ère du peuple, prestataire logistique au service du candidat Mélenchon, et sa mandataire financière, Marie-Pierre Oprandi, ont été également mis en examen, mais uniquement pour "prêt illicite de main-d'œuvre". Le juge d'instruction a placé l'association et Marie-Pierre Oprandi, poursuivie aussi pour "usage de faux", sous le statut plus favorable de témoin assisté pour les principales infractions de cette enquête portant sur des soupçons d'"escroquerie aggravée", d'"abus de confiance" ou de "financement illégal de campagne".

La Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP) avait relevé une différence de 152.688 euros entre les salaires versés et les montants facturés au mandataire. Chargée de valider le remboursement des dépenses des candidats avec l'argent public, la Commission avait refusé de rembourser la marge réalisée par l'association à but non lucratif et avait signalé les faits à la justice.


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