La France fait-elle les bons choix face au virus ?

Confiner les personnes âgées ? "N'opposons pas les aînés aux jeunes", recommande Gérard Larcher

Léa LUCAS
Publié le 29 janvier 2021 à 11h02, mis à jour le 29 janvier 2021 à 11h32
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Source : TF1 Info

CORONAVIRUS - À quelques jours d'un reconfinement plausible, le débat est relancé sur la question de confiner prioritairement les plus fragiles. L'invité de Jean-Michel Apathie sur LCI, vendredi 29 janvier, le président du Sénat Gérard Larcher s'y oppose.

Depuis plusieurs semaines, la perspective d'un troisième confinement en France plane. Reportée plusieurs fois, l'annonce de l'exécutif se fait désirer et laisse place à de nombreux scénarios. D'après les informations réunies par LCI, le président Emmanuel Macron devrait trancher ce week-end ou en début de semaine prochaine.

Une des options discutées pose la question de l'auto-isolement des seniors et des plus fragiles, ou encore "d'autoprotection individuelle" comme préfère le nommer le président du conseil scientifique Jean-François Delfraissy. Une option qui déclenche une certaine hostilité chez Gérard Larcher. "N'opposons pas les aînés aux jeunes", recommande le président du Sénat ce vendredi matin sur LCI. 

Outre la rupture générationnelle que cette mesure pourrait accentuer et de son invalidité probable auprès du Conseil constitutionnel, la question de son efficacité se pose. "Est-ce que cela suffirait ? La réponse est non", affirme de toute façon le Pr Delfraissy. De son côté, Emmanuel Macron n'a jamais voulu depuis le début de la crise sanitaire se résoudre à cette différenciation. Ainsi, cette piste est a priori écartée. 

La jeunesse sacrifiée

Cependant, envisager un confinement plus souple pour les plus jeunes n'est pas exclu. Au même titre que le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer, Gérard Larcher se montre favorable au maintien des écoles ouvertes. "C'est un sujet majeur. Il s'agit des enfants, de l'éducation, de la présence des parents." La fermeture des établissements scolaires ne doit se faire "qu'en cas de stricte nécessité" car "c'est une décision très grave", indique-t-il. Dans l'absolu, "je ne le souhaite pas", répète-t-il.

Parmi cette jeunesse, les étudiants également tirent la sonnette d'alarme depuis quelques semaines. L'épidémie dégrade leur état de santé moral. Privés d'universités depuis fin octobre, ils se retrouvent reclus dans des logements exigus sans lien social. "On ne parle pas non plus de ceux qui ne trouvent pas de stage, ni de travail", rappelle le numéro 3 de l'État. 

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 À ce constat s'ajoute la détresse économique traversée par les étudiants. Beaucoup ont perdu le petit job qui leur permettait d'arrondir les fins de mois. "Aider (financièrement, ndlr) ces jeunes est une bonne démarche", estime ainsi Gérard Larcher. Mais il ne faut pas sous-estimer "l'importance de la continuité de la présence" au sein des universités. 

À ce titre, les étudiants devaient retourner dans les amphithéâtres un jour par semaine dès début février, a annoncé Emmanuel Macron au cœur du mois de janvier. Mais cette perspective est ébranlée par les annonces gouvernementales à venir.


Léa LUCAS

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