Élection présidentielle 2022

"Convoi de la liberté" : qu'en pensent les politiques ?

par Aurélie LOEK
Publié le 9 février 2022 à 13h28
JT Perso

Source : TF1 Info

Certains opposants au pass vaccinal tentent de lancer un "convoi de la liberté" en France.
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a assuré que la réponse de l'État serait "ferme".
Certains candidats à la présidentielle ont, eux, apporté leur soutien.

Depuis quelques jours, des milliers de personnes sur les réseaux sociaux tentent d'organiser des "convois de la liberté" pour aller "rouler sur Paris" ce samedi. À l'image du mouvement canadien, ces manifestants souhaitent montrer leur opposition au pass vaccinal, à laquelle s'ajoutent des revendications de pouvoir d'achat. Face à ce mouvement qui prend de l'ampleur, certains candidats se sont exprimés sur la question.

Ainsi, la candidate du Rassemblement National a dit "comprendre" le mouvement des "convois de la liberté". "C'est une autre forme des 'Gilets jaunes'", a assuré Marine Le Pen sur Europe 1, précisant par ailleurs que son soutien n'était "pas de la récupération". Elle a cependant invité les Français qui ont annoncé vouloir participer à ce mouvement d'aller aussi exprimer leur mécontentement dans les urnes. 

"Manifester sa colère, oui, bien sûr. Alerter le pouvoir, oui, bien sûr, mais le moment venu, et c’est une fois tous les cinq ans (...) c'est la présidentielle", a rappelé la candidate d'extrême-droite. Du côté d'Eric Zemmour, si l'ancien polémiste ne s'est pas exprimé personnellement sur le sujet, l'un de ses porte-paroles, Jean-Frédéric Poisson a fait part de son soutien via un tweet, le 31 janvier dernier.

A contrario, Damien Abad, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale, a expliqué voir dans ce mouvement des convois "de l'oppression". Sur Franceinfo, il a assuré que ce n'était pas grâce à "la violence, la manifestation perpétuelle qu'on retrouvera le chemin de la liberté" mais "en résolvant la crise sanitaire (du Covid-19), en permettant plus de liberté".

Des Insoumis pourraient se joindre au mouvement

À gauche, Sandrine Rousseau, présidente du conseil politique du candidat écologiste Yannick Jadot, a reconnu que le mouvement des "convois de la liberté", dont de nombreux participants seraient issus des Gilets jaunes, devait être entendu. Invitée sur BFMTV mardi soir, celle-ci a condamné toute réponse autoritaire face à la contestation. "Dans la situation de crise dans laquelle on est actuellement, il suffit d'une étincelle pour que ça s'enflamme. Et nous sommes dans une situation explosive", a détaillé la militante écologiste.

Du côté de La France insoumise, les soutiens sont plus forts. Le député du Nord, Adrien Quatennens a même invité les Insoumis qui souhaitaient se joindre à ce mouvement à y aller. Le parti de Jean-Luc Mélenchon s'est effectivement toujours opposé au pass vaccinal, le décrivant comme une mesure liberticide. Un discours qu'a à nouveau tenu le n°2 de LFI. "Il faut abroger maintenant le pass vaccinal et en finir avec toutes ces mesures liberticides qui n'ont pas d'efficacité", a-t-il soutenu sur Franceinfo.

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Du côté de la majorité présidentielle, le mouvement est surveillé de très près et la menace prise "très au sérieux", alors même que le prix du carburant dépasse le niveau atteint lors du déclenchement du mouvement des Gilets jaunes. Sur BFMTV mardi, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a assuré que la réponse de l'État serait "extrêmement ferme" si la circulation venait à être entravée.

Le porte-parole du gouvernement s'est, lui, voulu plus apaisant. "Depuis le début de cette crise, des mouvements politiques, souvent radicaux, ont cherché à capitaliser", sur la lassitude et la fatigue des Français par rapport aux mesures, a reconnu Gabriel Attal lors de la conférence de presse qui a suivi le Conseil des ministres de ce mercredi. "La France est un des pays d'Europe qui a pris le moins de mesures contraignantes", a-t-il cependant rappelé.


Aurélie LOEK

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