Covid-19 : le défi de la vaccination

Le couvre-feu "ne freine pas suffisamment le virus", un "confinement très serré" pas exclu

Vincent Michelon
Publié le 27 janvier 2021 à 14h29, mis à jour le 28 janvier 2021 à 0h34

Source : JT 20h Semaine

CRISE SANITAIRE - Face à la menace des variants du Covid-19 qui s'étendent sur le territoire, le couvre-feu à 18h n'a qu'une efficacité "relative", a reconnu mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à l'issue du conseil des ministres. L'exécutif envisage plusieurs scénarios, dont celui du reconfinement "très serré".

L'exécutif prépare peu à peu les Français à un troisième confinement. Mais sous quelle forme ? Face à la recrudescence des variants du Covid-19 sur le territoire français, le couvre-feu avancé à 18 heures "a une efficacité relative", a indiqué mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à l'issue du conseil de défense et du conseil des ministres. "Il a une efficacité, il freine dans une certaine mesure la circulation du virus, mais pas suffisamment."

 Si les autorités attendent encore, d'ici à la fin de la semaine, des études permettant de mesurer "pleinement" les effets du couvre-feu à 18 heures instauré mi-janvier, les conclusions risquent d'aboutir à un durcissement des mesures, a laissé entendre le porte-parole. "Nous avons travaillé ce matin sur différents scénarios", a-t-il indiqué. "Les analyses de ces scénarios seront transmises au président de la République dans les heures qui viennent." 

Ces scénarios vont "du cadre actuel au confinement très serré", a précisé Gabriel Attal, sans indiquer vers lequel tendait actuellement l'exécutif. Selon nos informations, plusieurs pistes intermédiaires sont étudiées : un confinement limité au week-end, une interdiction des mobilités entre régions, un allongement des vacances scolaires de février, un confinement allégé sur le modèle de novembre-décembre, jusqu'au confinement dur du printemps 2020.

"On a envie que tout ça se termine"

Si l'exécutif réfléchit à de nouvelles restrictions, c'est parce que "l’épidémie circule dans notre pays avec un plateau haut ascendant, avec une augmentation du taux d’incidence de l’ordre de 10%", a justifié le porte-parole, évoquant les dernières estimations sur l'impact du variant anglais, de l'ordre de 10% des nouveaux cas dans certains territoires.

Alors que l'exécutif espère avoir tous les indicateurs en main pour décider d'ici à la fin de la semaine, il va engager des "concertations avec les associations d'élus et les partenaires sociaux, afin de recueillir leurs avis sur la base de ces informations", a expliqué Gabriel Attal. Des échanges sont prévus jeudi après-midi avec les comités de liaison du Sénat et de l'Assemblée nationale, puis avec les associations d'élus, a indiqué Matignon à LCI. La concertation avec les partenaires sociaux doit avoir lieu vendredi après-midi. 

L'exécutif pourrait également décider, à court terme, de nouvelle mesures de restrictions aux aéroports, afin de limiter encore la possibilité d'entrer sur le territoire national comme l'envisage, par exemple l'Allemagne. 

"C'est le sanitaire qui guide nos décisions", a insisté le porte-parole. "Je sais qu'il y a une lassitude des Français, Nous avons tous envie que ça se termine. Mais nous prendrons les mesures nécessaires." Une source gouvernementale indiquait mercredi à LCI qu'il y avait, à ce sujet, "la crainte partagée d'une espèce de désobéissance civile" en cas de reconfinement. 


Vincent Michelon