Covid-19 : la France face à la 7e vague

François Braun, un ministre de la Santé inflexible face au Covid ?

Justine Faure
Publié le 6 juillet 2022 à 13h57, mis à jour le 6 juillet 2022 à 14h10
JT Perso

Source : TF1 Info

Le nouveau ministre de la Santé doit faire face à une nouvelle flambée des cas de Covid-19.
Au regard de ses déclarations récentes et anciennes, François Braun devrait se montrer inflexible et ne cesser d'alerter les Français sur les conséquences à ne plus respecter les gestes barrières, notamment sur les hôpitaux.

Il a vécu le début de la pandémie de Covid-19 en tant que chef des urgences du CHU de Metz-Nancy. Médecin urgentiste, François Braun était aux premières loges pour constater les difficultés auxquelles ont été confrontés les hôpitaux au plus fort des vagues de contamination, et il sait quels dégâts peut faire la maladie sur les personnes les plus fragiles. Désormais ministre de la Santé, son expérience devrait peser dans les décisions qu’il aura à prendre pour gérer la nouvelle vague qui s’annonce. Ses premières déclarations depuis son entrée au gouvernement laissent d’ailleurs penser qu’il sera inflexible.

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Comme sa prédécesseure avant lui, François Braun a estimé mardi lors d’une audition à l’Assemblée nationale, que face à la flambée des cas, il était plus raisonnable de "mettre son masque dans les lieux bondés, dans les transports en commun, dans les transports pour les vacances". "Il nous faut retrouver tous les bons réflexes", a-t-il déclaré, sous-entendant que les Français s’étaient relâchés sur les gestes barrières. Il a toutefois écarté l’idée de nouvelles restrictions dans un futur proche. "Nous pourrions légiférer sans cesse, nous souhaitons plutôt que chacun puisse être réactif et toujours adapter ses comportements à ce que la situation exige", a espéré François Braun.

En revanche, le ministre est un pro-pass sanitaire, qui selon lui a permis "d’éviter 4000 décès et 32.000 hospitalisations". Alors que la plupart des mesures d’urgence sanitaire s’arrêtent fin juillet, un nouveau projet de loi comprenant des mesures limitées comme un possible pass sanitaire aux frontières ou la poursuite de collecte d’informations sur les résultats des tests de dépistage et des vaccins pourrait être adopté. 

Il ne veut pas réintégrer les soignants non-vaccinés

Autre sujet sur lequel le ministre de la Santé ne fera pas de concessions : la réintégration des soignants non-vaccinés. Toujours lors de son audition à l’Assemblée nationale mardi 5 juillet, il a assuré que la réintégration des soignants non-vaccinés contre le Covid "n’est pas d’actualité". "La dernière enquête conduite auprès des ARS, des établissements sanitaires et médico-sociaux fait apparaître une proportion très faible d’agents suspendus, de 0,53%", soit "un peu moins de 12.000 personnes".  

Alors que l'opposition comme LFI et LR réclament une amnistie pour ces soignants, le ministre de la Santé a jugé trop important "le bénéfice à faire revenir 0,53% de soignants par rapport au risque qu’ils contaminent plus de personnes, en n’étant pas vaccinés. Nous ne sommes pas sortis de cette pandémie de Covid. Bien entendu, dès que les scientifiques nous dirons ‘il n’y a plus de risque’ ce sera remis sur la table", a-t-il assuré. 

Souvent consulté par Emmanuel Macron au début de la crise sanitaire en 2020 en tant que président de l'association Samu-Urgences France, François Braun a également eu l'occasion d'exprimer sa vision des choses à plusieurs reprises, et de critiquer l'action du gouvernement. En janvier 2021, il craignait l’arrivée d’une troisième vague et tançait la campagne vaccinale du gouvernement. "On va dans le mur. Je donne un billet qu’une personne qui n’a pas pu se faire vacciner dans un mois et chope le Covid portera plainte. On a jeté les vaccins au milieu de la foule et servez-vous ! Je crains dans les semaines qui viennent, en tous cas dans les dix jours, des émeutes dans les centres de vaccinations", déclarait-il auprès de l'AFP.

Prévenir plutôt que guérir

Il a surtout été sollicité pour son expertise sur les urgences, l'une des raisons pour lesquelles le chef de l'État l'a également missionné au début du mois de juin pour mener une "mission flash" sur le sujet. Il y a un an, il estimait qu'"on ne peut pas revivre encore une vague comme on l'a vécue il y a 18 mois. C'est tout à fait impensable ou alors le système de santé va être complètement détruit à l'issue d'une vague qui pourrait être importante". À la tête du ministère de la Santé, privilégiera-t-il plutôt la prévention à la guérison ? Choisira-t-il d'imposer de nouvelles restrictions pour faire face aux futures vagues, et limiter leur impact sur les soignants ?


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